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  25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]

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۞ 1ère apparition : 17/02/2016

۞ Rukhs : 66

۞ Rukh rose : ... Vraiment ?

۞ Localisation : Reim

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Najma
MEMBRE DE LA TROUPE DES VOLEURS

MessageSujet: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Sam 27 Fév - 16:07


▶ MIDI SONNE ◀
ft KIRA



Le soleil s'était levé depuis quelques heures déjà et les ventres réclamaient à manger. Peu avant midi, Najma se trouvait en cuisine à préparer le repas des gardes et des esclaves de la demeure. Il s'agissait d'une simple soupe de légumes préparée avec les restes du cuisinier qui s'occupait des plats donnés au maître des lieux. Il allait de soi qu'une simple esclaves et ses talents culinaires médiocres, allaient préparer le repas d'un noble. Cette idée était même d'une grande absurdité.

Lorsqu'elle eut enfin fini, Najma servit la soupe dans des coupes de fortunes, fendues pour certaines. Elle y ajouta quelques morceaux de pains rassie et posa les objets sur le plan de travail. Chacun viendra prendre son repas de lui même, elle n'avait pas à chercher les autres esclaves pour faire la distribution.

Traînant le pas par manque de motivation et à cause des chaines qui lui liaient les chevilles, Najma sortit de la cuisine pour s'atteler à sa prochaine tâche. Sur le chemin, elle croisa son maître. C'était un homme gros et gras aux vêtements précieux. Najma baissa le regard, espérant qu'il l'ignorerait et ne lui adresserait point la parole. Son souhait ne fut pas entendu.

- Hm… Esclave, vient ici, je dois te parler, grimaça-t-il.

Najma se tourna alors vers lui, s'inclinant un peu en guise de « oui ? ».

- Il y a une étrangère qui traîne devant l'entrée, fais la partir immédiatement. J'ai un invité cette après-midi et j'aimerais éviter qu'une manante ne salisse mon hall.

Najma hocha de la tête et eut à peine le temps de tourner les talons avant de faire agripper par le col de son vêtement.

- Je n'ai pas fini. Tu viendras servir le thé à monsieur, tout à l'heure. N'oublie pas de préparer les pâtisseries et la boisson. Sois sage et change toi, tu es trop sale pour te présenter ainsi… J'ai honte.

Le maître lâcha violemment Najma, qui manqua de peu de tomber en arrière. L'homme ne lui adressa plus aucune attention et continua son bonhomme de chemin. La jeune fille, quand à elle, s'en alla dans le hall de la demeure, rencontrer le fameux « intrus ».

Lorsqu'elle ouvrit la somptueuse porte, Najma découvrit une fille, de dos et assise sur les escaliers. Elle hésita un peu, peu sûre d'elle, avant de finalement l'interpeller.

- H...Hey ! Toi… Tu ne dois pas rester devant l'entrée. Va-t'en…

Najma manquait de persuasion. En même temps, malgré les vêtements que portait l'inconnue, la jeune fille ignorait s'il s'agissait d'une vagabonde ou d'un noble en voyage ou en pèlerinage.

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MessageSujet: Re: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Sam 27 Fév - 20:01





Midi sonne


« They thought they can break me, but they forgot that i can't be broken »

25 de Ath-Thania, an 1002



Cela faisait quelques heures que le soleil trônait dans un ciel bleu pur, éclairant les rues de Remano, l’immense capitale de l’Empire Reim. Pourtant elle demeurait plongée dans l’ombre, à l’abri dans un coin d’une rue, assise sur un petit escalier, en face d’une immense demeure, visiblement grouillante d’activité.

L’endroit avait l’air bien tenu et semblait appartenir à un de ces riches qui se paient le luxe d’avoir des dizaines d’esclaves à leur service. Cela l’aurait dégoûtée en temps normal, de savoir que ces immondes porcs maltraitaient de pauvres gens innocents pour leur propre bien-être, sans penser à ceux qu’ils persécutaient. Mais elle n’était plus là. Elle était loin, dans ce monde sans couleurs qui n’appartenait qu’à elle.

Elle revoyait en boucle les événements qui l’avaient chamboulée deux jours plus tôt. La même scène se répétait toujours et encore dans son esprit, les mêmes images défilaient, cinglantes, brutales et pourtant ardentes d’une chaleur qu’elle n’avait jamais sentie auparavant.

Le même visage se découpait toujours de la même façon au milieu des flammes, tandis qu’elle gisait au sol dans son propre sang. Les mêmes yeux doux la fixaient, la même main se tendait, lui proposant une aide venue droit d’un rêve éveillé. Et qui pourtant, s’était révélée être matérielle, et plus vraie que jamais.

Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait plus. Elle était perdue dans tout ce chaos. Elle avait beau voir la même chose se dérouler encore et encore devant elle, elle ne parvenait toujours pas à réaliser ce qui s’était passé. Elle ne parvenait même plus à réfléchir, son cerveau entrait en ébullition et lui infligeait un véritable mal de crâne. Comment était-ce possible ? Elle avait déjà rencontré des gens altruistes, et qui s’étaient montrés gentils avec elle, comme cette fois-là, à Rakushou, quand une jeune fille l’avait aidée à ramasser les fruits qu’elle avait malencontreusement fait tomber en la bousculant. Mais ça n’avait jamais été aussi loin.

Il avait littéralement surgi de nulle part, la sauvant d’une mort certaine. Pourquoi avoir fait une chose pareille, d’autant plus qu’elle était un être sans valeur, un animal qu’on utilise sans se soucier de ses sentiments ? Elle était dans l’incompréhension la plus totale, et sa tête menaçait d’exploser. Elle ne savait plus quoi penser, comment réagir. C’était comme si tout s’était brisé en elle en l’espace d’un instant. Et elle n’aurait su dire si c’était bien. Aurait-il été préférable pour elle de mourir à ce moment ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus.

Elle se sentait frustrée et un peu vexée, légèrement amère, un peu comme lorsqu’elle avait essuyé une défaite cuisante à Balbadd face à un assassin. La punition pour avoir échoué avait d’ailleurs été bien rude. Mais même si elle n’éprouvait pas la même rancœur, en un sens ce qu’elle éprouvait était pire. Parce que, en réalité, elle ne savait plus réellement ce qu’elle ressentait. Elle était perdue dans son propre cœur, ressentant à la fois une douceur sans nom au souvenir de ce visage qui la fixait avec bonté et une douleur cuisante. Comment pouvait-on s’intéresser à un être sans importance comme elle ? C’était impensable !

Se prenant la tête à deux mains, elle éclata en sanglots silencieux, perturbée au fond de son cœur par tout un tas de sentiments contradictoires. Une envie puissante et incontrôlable de le revoir, de lui parler, de regarder encore une fois son visage la submergeait sans qu’elle ne puisse la réprimer. Pire encore, elle se mettait à rêver de liberté.

Elle devait se reprendre. Elle n’était qu’un être sans valeur, destiné à être enchaîné pour toujours, tel un oiseau en cage. Elle n’aurait jamais la liberté, elle devait l’oublier. Pareil pour lui, c’était un événement sans importance, déclenché par l’altruisme du jeune homme – ou sa folie, peut-être ? Elle ne le reverrait jamais, et elle n’avait aucune raison de penser à lui. C’était futile. Il fallait tout oublier. Effacer ces couleurs momentanément perceptibles dans son monde froid, détruire à jamais la chaleur qui s’y était infiltrée, et chasser la douceur qui avait un instant calmé son cœur.

Elle sécha ses larmes, reprenant son éternel air détaché, indifférent. Son air de cadavre animé, capable de se traîner mais dénué de vie. C’était la seule chose dont elle avait la certitude, une sorte de cocon réconfortant, quelque part, malgré la cruauté de ce masque.

Un bruit léger mais familier la tira de ses rêveries. Quelque chose tintait sinistrement sur le sol, lugubre comme son, encore pire dans sa symbolique. Elle releva la tête, les yeux encore rouge et le visage couvert de meurtrissures, dues au type qui l’avait battue deux jours plus tôt.

Une jeune fille avançait vers elle, superbe dans son kimono blanc, l’air gracieuse, malgré cette lueur si caractéristique qui dansait dans son regard. Ses longs cheveux blancs voletaient légèrement derrière elle, soulignant une beauté naturelle qui attirait inévitablement les porcs des rues. Sa beauté ne subjuguait pas spécialement Kira, mais au contraire lui inspirait de la tristesse. Parce qu’elle était mignonne cette fille devait souffrir et être traitée en animal. Et cela la dégoûtait.

L’autre s’approcha encore, puis finit par lui parler, sa voix tremblant légèrement. Avait-elle peur ? De quoi ? D’un zombie incapable de se mettre d’accord sur ses propres sentiments ?

H...Hey ! l’interpela la jeune femme. Toi… Tu ne dois pas rester devant l'entrée. Va-t'en…

Kira la fixa un instant. Risquait-elle d’avoir des ennuis si elle ne partait pas ? Sûrement. Elle voulait éviter de lui causer plus de soucis que nécessaire. Elle menait une vie sans doute déjà bien assez difficile pour qu’elle vienne empirer les choses. Elle se leva doucement, époussetant ses vêtements désormais presque partis en lambeaux. Si son propre maître était suffisamment généreux, peut-être accepterait-il de lui donner un autre habit miteux avant que l’usure n’ait totalement déchiré celui qu’elle portait.

Les chaînes qu’elle portait tintèrent doucement au moment où elle se redressa, faisant écho à celles de l’autre. Elle avait envie de lui parler. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas croisé quelqu’un qui lui faisait penser à elle. Elle voulait la réconforter un peu, même si elle était dans un état aussi pitoyable que le sien. Enfin, elle, au moins, avait le droit de sortir sans être accompagnée. Elle était si docile qu’il était impensable qu’elle s’échappe…

Je suis désolée, fit la jeune fille de sa voix qui ne trahissait aucune émotion. Je vais partir. Je n’ai aucune raison de t’attirer des ennuis.

Elle fit mine de partir, avançant de quelques pas dans la direction opposée de celle de la jeune esclave aux cheveux blancs, puis finit s’arrêter au bout de quelques mètres, se ravisant. Elle se tourna, ses yeux sans éclat se posant sur la fille en face d’elle. Comparée à elle, elle avait l’air physiquement mieux portante – en même temps, après avoir été battue presque à mort, il lui aurait été compliqué de se porter bien – mais elle ne se fiait pas au visage de la jeune fille. Elle savait que beaucoup de maîtres ne touchaient pas au visage de leurs esclaves, préférant les torturer ailleurs, pour éviter que ce ne soit trop visible. De plus, son cœur devait être couvert de plaies inguérissables, elle le savait.

Je sais que ça n’est pas facile, souffla-t-elle. Et je sais que ça ne le sera jamais, en dépit de tous les faux masques que nous pourrons arborer. Mais si jamais quelqu’un se présentait à toi et te souriait de la façon la plus sincère qui soit, remettrais-tu en cause ta capacité à éprouver autre chose que le froid qui t’entoure ? Serais-tu capable de voir à nouveau les couleurs que tu croyais ternies à jamais ?

Elle secoua vivement la tête pour chasser ce visage qui faisait de nouveau irruption dans ses pensées. Elle ne devait plus songer à ça. Elle n’était rien, qu’un être faible et lâche. Et elle ne devait pas non plus ennuyer la jeune fille avec ces futilités.

Je suis désolée, je ne devrais pas t’ennuyer avec ça, s’excusa-t-elle finalement. Au fait, quel est ton nom ? En as-tu un ?

Elle n’était ordinairement pas aussi bavarde, mais elle s’était prise d’une étrange sympathie pour la jeune esclave. Au fond elles étaient pareilles, et Kira s’en serait voulu de l’avoir laissé repartir sans rien dire. La retenir et lui parler était une sorte de façon de contester leur condition à toutes les deux. Et de la manière la moins dangereuse possible, de surcroît.


© Kira 2015
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Najma
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MessageSujet: Re: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Sam 5 Mar - 19:26


▶ MIDI SONNE ◀
ft KIRA



Najma eut comme un frisson en entendant ce bruit désagréable ; ce tintement métallique qu'elle avait bien trop eu l'habitude d'entendre et qu'elle détestait tant. Elle fixa l'inconnue avec un tout autre regard. En réalité, Najma semblait compatir à cette jeune femme qui s'avérait être une esclave. Son empathie fut encore plus grande quand elle remarqua son visage meurtri. Elle s'était fait battre, cela ne faisait pas un plis.

L'espace d'un instant, la jeune fille aux cheveux blancs crut perdre son sang-froid. Elle s'assura de le regagner le plus rapidement possible. Esclave ou non, elle ne devait pas rester devant l'entrée. Cependant, cela lui faisait de la peine de la chasser de la sorte, surtout dans un état pareil. Najma n'avait jamais connu pareil défiguration et ne pouvait imaginer la souffrance que cela pouvait être. Son corps avait beau être meurtri sous son kimono, celui de l'inconnue était dans un bien plus piètre état...

Par respect, Najma laissa parler l'esclave, l'écoutant avec attention. Certaines paroles touchèrent à différents degrés. Si ses émotions ne l'avaient pas quitter, elle serait certainement entrain de renifler et de retenir vainement une larme. Rien de tel ne paraissait sur son fin visage, mais à l'intérieur elle se sentait... Étrange.

Elle essaya de rester le plus stoïque possible.

- Je n'ai jamais connu une pareille personne et je doute qu'il en existe, du moins pour moi... Cependant, j'imagine que rencontrer cette personne pourrait changer notre vie, ou du moins, y ajouter un peu plus de goût. Je pense.

Najma descendit quelques marches, légèrement handicapée par les chaines qui lui lacéraient les chevilles. Elle s'approcha vers l'inconnue, l'invitant à se décaler un peu, histoire de dégager le passage.

- Moi ? Je ne suis qu'une simple esclave, je n'ai pas de nom. Il arrive que des clients m'en donnent, mais je n'en ai aucun... De fixe.

Najma baissa un peu la tête, semblant légèrement peinée. Ne pas avoir de nom, ni d'identité... C'était finalement comme n'avoir aucune existence et aucune place dans ce monde. Son regard croisa les vêtements de l'inconnue. Elle se demandait comment elle arrivait à porter de pareils torchons. Même elle, n'en avait jamais porté de tels. En même temps, son maître ne souhaitait pas faire de Najma une simple pouilleuse sans aucun charme, il perdrait instantanément une clientèle de qualité.

- Et toi ? Quel est ton nom ? Ne t'inquiète pas, tu ne me déranges pas et je dois bien avoir quelques minutes devant moi. Le visiteur ne vient qu'en milieu d’après-midi.

La fillette continua d'examiner sa camarade de souffrance de la tête aux pieds.

- Hm... Je ne peux malheureusement pas te donner de vêtements, mon maître n'apprécierait pas. Mais j'imagine que tu as faim. Il doit rester un peu de soupe. Veux-tu de la soupe ? C'est moi qui l'ait préparé, mon maître ne dira rien.

Inconsciemment, Najma avait perdu ses paroles soutenues, polies et formulée au mieux. Elle essayait de s'exprimer "normalement".

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MessageSujet: Re: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Sam 12 Mar - 13:38





Midi sonne


« Fire reborn »

25 de Ath-Thania, an 1002



Je n'ai jamais connu une pareille personne et je doute qu'il en existe, du moins pour moi... Cependant, j'imagine que rencontrer cette personne pourrait changer notre vie, ou du moins, y ajouter un peu plus de goût. Je pense.

Kira fixa un instant le ciel, pensive. Sa rencontre avec lui pourrait-elle vraiment tout changer ? Elle se sentait comme différente, et ce, après avoir seulement fixé un instant son regard d’une douceur incomparable. Était-il vraiment possible que tout aille mieux après ça ? Qu’il puisse guérir des blessures qu’elle pensait incurables ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus.

Pendant ce temps, la jeune fille aux cheveux argentés avait descendu quelques marches pour combler la distance qui les séparaient. Sa descente fut un peu titubante, à cause des liens qui gênaient ses chevilles. Le lot de ceux qui devaient en permanence souffrir, servir, sans jamais entrevoir l’espoir.
Alors pourquoi elle se sentait si différente ? Pourquoi n’arrivait-elle plus à souffrir comme avant ? Pourquoi entrapercevait-elle des couleurs qu’elle avait cessé de voir depuis longtemps ?

Moi ? reprit la jeune fille. Je ne suis qu'une simple esclave, je n'ai pas de nom. Il arrive que des clients m'en donnent, mais je n'en ai aucun... De fixe.

Elle baissa la tête, peinée de s’être vue privée d’identité propre. Cela chagrina également Kira. C’était si triste de n’être personne. Ne pas avoir de nom, c’était comme si on était rien. En soi c’était que qu’elles étaient toutes les deux. Rien. Des animaux qu’on utilisait pour satisfaire ses besoins et dont on ne prenait pas la peine de s’inquiéter. Peu importait s’ils souffraient. Avaient-ils seulement conscience qu’ils étaient humains tout comme eux, et qu’ils étaient capable de ressentir des émotions ? Elle en doutait fort. Ces gens-là, qui asservissaient les autres pour leur propre intérêt, n’avaient rien à faire que leurs jouets souffrent ou non.

Au fond c’étaient les maîtres qui étaient incapable d’avoir des sentiments, et leurs esclaves qui les ressentaient pour eux, dans la souffrance, la haine et le chagrin.

La jeune esclave en face d’elle releva les yeux et sembla s’attarder sur les loques qu’elle portait. Il était vrai qu’il était impoli de se présenter ainsi aux autres. Elle s’en voulait un peu. La jeune fille avait peut-être envie de tout sauf de supporter du regard un être en état lamentable, miteux, pouilleux, hideux, lâche et faible de surcroît. Pourtant, elle ne fit aucun commentaire à ce sujet.

Et toi ? Quel est ton nom ? demanda-t-elle de sa voix mélodieuse. Ne t'inquiète pas, tu ne me déranges pas et je dois bien avoir quelques minutes devant moi. Le visiteur ne vient qu'en milieu d’après-midi.

Kira la fixa un instant, pensive, puis finit de chasser des images appartenant à une lointaine époque. Elle ignora ces braises volantes dans l’air et cette ignoble odeur de fumée âcre, ainsi que ces cris lointains suppliants. Et le cauchemar s’évanouit dans l’air aussi vite qu’il avait surgi.

Je m’appelle Kira, souffla-t-elle. Juste Kira. Je suis une Fanalis. C’est pour ça qu’ils me voulaient. Je ne me souviens plus vraiment ce qui s’est passé ce jour-là. Je me souviens juste de l’odeur du feu et de ces lueurs chatoyantes qui dansaient devant mes yeux. Je me rappelle aussi que c’était loin, très loin d’ici.

Son regard s’était perdu dans le vague, une fois de plus victime de ce cauchemar incomplet, dont elle n’arrivait plus à se souvenir des détails. C’était comme si elle avait perdu une part d’elle-même ce jour-là. Et, étrangement, son cœur avait comme cessé de battre, s’endormant dans une infinité de rêves monstrueux, incapable de percevoir les couleurs et se protégeant du monde extérieur, ce monde si effrayant et hideux.

Et pourtant, en elle, elle sentait comme une flamme s’allumer, tandis que les flammes du cauchemar changeaient de teinte pour laisser apparaître cette silhouette mystique, à la limite entre le rêve et la réalité.
L’avait-elle vraiment rencontré, ou n’était-il qu’une chimère, qui s’était évanouie dans l’air une fois qu’elle eut repris pour de bon connaissance ?

La jeune fille en face d’elle la fixa une fois de plus, un bref instant, avant de déclarer, d’un air aimable :

Hm... Je ne peux malheureusement pas te donner de vêtements, mon maître n'apprécierait pas. Mais j'imagine que tu as faim. Il doit rester un peu de soupe. Veux-tu de la soupe ? C'est moi qui l'ait préparé, mon maître ne dira rien.

A la mention de nourriture, son ventre grogna furieusement. Elle plaqua ses mains sur son estomac, à la fois surprise et gênée par ce mal soudain qui la tiraillait. Depuis combien de temps n’avait-elle pas mangé ? Elle l’ignorait. Cela faisait peut-être des jours, voire des semaines qu’elle était dans ses pensées, loin de tous les maux physiques. Comment savoir à quand remontait son dernier repas ?

Pourtant, elle s’apprêtait à refuser, ne voulant pas gêner la jeune fille. Même si elle avait préparé la nourriture elle-même, son maître la punirait sûrement s’il apprenait que sa chose l’avait partagée avec une personne extérieure, une miteuse de surcroît. Mais son ventre protesta d’un grondement sourd.

Ses jambes en tremblaient doucement. En réalité, il aurait été déraisonnable de refuser. Elle ne savait pas vraiment si elle pourrait rentrer sans s’écrouler à cause de la faim. Elle soupira. C’était déchirant, comme choix. Bien que ce n’en fut pas vraiment un, vu qu’elle se verrait forcée d’accepter…

Très bien, déclara-t-elle, conciliante, mais je veux que tu me laisses en porter la responsabilité si ton maître venait à ne pas voir ce geste d’altruisme d’un bon œil. Je ne veux pas que tu sois punie par ma faute. Je le laisserais me frapper, me torturer ou n’importe quoi d’autre s’il le faut.

Elle avait presque lâché ses derniers mots avec désinvolture, comme si l’idée de souffrir ne l’effrayait plus à présent. Comme si se laisser faire était devenu naturel, à ses yeux. Comme si elle acceptait son destin de bête.

Ou comme si en elle renaissait la flamme de la résistance.


© Kira 2015
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Najma
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MessageSujet: Re: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Sam 19 Mar - 18:08


▶ MIDI SONNE ◀
ft KIRA



Le ventre de l'esclave grogna en guise de réponse à Najma. La pauvre femme devait être affamée en plus de souffrir le martyre à cause de ses multiples blessures. Voir une personne souffrir autant... Une pareille vision ne devrait pas exister. Ce qu'elle avait subit était tout bonnement inhumain de la part des auteurs de ces cicatrices et balafres.

Najma sourit très légèrement face à l'embarras de la dite Kira. Cette dernière semblait longuement hésiter, aussi bien tiraillée par la faim et qu'enchaînée par sa conscience et sa raison.

- Tu n'as pas à te torturer autant l'esprit. Il ne criera pas pour un peu de soupe froide et fade. Tu n'as pas de responsabilité à endosser, c'est moi qui te propose mon aide. Pour une fois que je peux proposer quelque chose d'autre...

La jeune fille aux cheveux blancs baissa un peu les yeux avant de finalement tourner les talons. Najma s'empressa d'aller voir en cuisine s'il restait encore un peu de soupe. Heureusement, il y en avait encore un peu, pour une maigre portion. Najma ne pouvait guère lui offrir plus... Elle versa le reste de soupe dans son propre bol et en essuya un peu les bords. Najma ajouta quelques miches de pains rassis avant de finir la préparation et la présentation basique de son "plat". Ceci fait, elle disparu discrètement de la cuisine et revint cinq minutes plus tard, esquivant les regards suspicieux des autres personnes présentes dans le manoir.

Elle descendit doucement les marches pour ne rien renverser et tendit le bol à Kira.

- J'ai pris un peu de temps et c'est froid, mais ça t'aidera un peu, je pense... J'espère que ce n'est pas trop mauvais... Tu sembles venir de loin, tu n'es pas d'ici ?

Najma voulait continuer cette conversation qui ne semblait pas lui être désagréable, pas le moins du monde. Bien qu'il s'agissait aussi d'une esclave, Najma semblait goûter un peu à de la nouveauté. Pouvoir parler plus ou moins librement avec quelqu'un qui la comprenait et qu'elle comprenait lui faisait du bien.

- Tu as l'air de beaucoup aimer cette personne qui t'a aidée. Elle ressemble à quoi ?

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MessageSujet: Re: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Ven 24 Juin - 12:28





Midi sonne


« There will be hope as long as you're breathing »


Tu n'as pas à te torturer autant l'esprit, affirma la jeune femme aux cheveux blanc. Il ne criera pas pour un peu de soupe froide et fade. Tu n'as pas de responsabilité à endosser, c'est moi qui te propose mon aide. Pour une fois que je peux proposer quelque chose d'autre...

Kira hocha la tête, sans rien répondre. Elle comprenait ce sentiment d’impuissance. Maintenant, elle-même avait accepté qu’elle ne puisse aider personne. De toute façon, elle ne souhaitait aider personne. Et si elle l’avait voulu, elle n’était qu’un être lâche et faible, incapable de protéger ce à quoi elle tenait. Sans attendre, cependant, la jeune esclave avait tourné les talons et était rentrée à l’intérieur du bâtiment.

Elle reparut quelques instants plus tard, armée d’un bol de soupe.

J'ai pris un peu de temps et c'est froid, mais ça t'aidera un peu, je pense... J'espère que ce n'est pas trop mauvais... Tu sembles venir de loin, tu n'es pas d'ici ?

La jeune fille acquiesça pour lui faire signe que ça allait. C’était une maigre portion, mais cela ferait l’affaire. Elle n’avait pas le temps ni les moyens de faire la difficile. De plus, à quand remontait réellement son dernier repas ? Elle l’ignorait, mais la vue du bol de soupe lui semblait une véritable délivrance. Doucement, elle prit le bol, remerciant la jeune femme d’un signe de tête, et y trempa doucement ses lèvres. Même si c’était froid, cela lui semblait être un véritable festin. Elle engloutit le reste de sa portion, et, une fois rassasiée, elle prit le temps de répondre aux questions qu’on lui posait.

Je viens de loin. J’ignore d’où, exactement. Je sais juste qu’il y avait une grande montagne près de mon village, et que nous étions entourés par une forêt. Je suis ici parce que mon maître avait des affaires. Mais autrement, je vis à Balbadd. Enfin, si on peut appeler ça « vivre ».

Elle parlait de façon plus libérée avec la jeune esclave. Elles étaient pareilles. Elle n’avait pas besoin de cacher cette rancœur secrète qu’elle entretenait pour son bourreau, en sa présence. Après tout, elle comprenait, également. Et il y avait en elle cette soif nouvelle, cet espoir sorti d’un rêve, qui lui donnait la volonté de consumer ses chaînes, de libérer ses ailes, et de s’envoler au loin.

Une étrange résolution, soudaine, qui plus est, survenue comment ? Pourquoi ? Grâce à cet être, lumineux, qui lui avait tendu la main ? Qui avait éprouvé de la sympathie, de la compassion, pour elle ? Il lui avait donné cette conviction qu’elle n’était peut-être pas uniquement une bête née pour servir des maîtres avides. Qu’elle avait peut-être un rôle, en cette vie, autre que d’assouvir les désirs de porcs qui n’hésitaient pas à jeter au loin son humanité.

Tu as l'air de beaucoup aimer cette personne qui t'a aidée, remarqua la jeune femme. Elle ressemble à quoi ?

Kira soupira. Comment le définir autrement que par « fabuleux » ? Mais sa simple pensée lui faisait du bien, lui donnait le courage de croire qu’il y avait un avenir meilleur pour elle, quelque part, loin de ces chaînes, et loin de cette éternelle solitude.

Eh bien…C’est difficile pour moi de l’expliquer clairement. Il est… extraordinaire ? Je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme lui. Alors qu’il n’avait pas à m’aider, il m’a sauvé la vie. Il m’a tendu la main. Il m’a souri. Comme si cela ne lui importait pas que je sois un animal. Comme s’il avait de la compassion pour moi. Et je me suis sentie… si triste. Triste, mais à la fois heureuse. Parce que cela voulait dire qu’il y avait une chance, encore. Peut-être n’est-ce qu’une chimère, mais grâce à lui, j’ai réalisé que je pouvais peut-être encore me battre pour une vie que j’avais perdue.

Perdue dans ses pensées, elle poussa un long soupir. Un sourire se dessina sur ses lèvres, premier de la sorte depuis tellement de temps. Et elle releva les yeux vers la jeune esclave aux cheveux blancs, une lueur de vie brillant enfin dans ses yeux d’habitude si ternes.

Je pense qu’il viendra un temps où je devrais m’éveiller, et devenir ce pourquoi je suis née. Suivre ce « destin » qui me rejette, ou bien le rejeter de moi-même. Etre libre de faire ce qui me plaît comme je l’entends, sans être entravée par des chaînes. Et je pense que cette personne est celle à qui je dois cette prise de conscience. Cette personne, bien qu’elle ne me connaisse pas, et que je ne la connaisse pas non plus, est devenue, en l’espace de quelques heures, la personne la plus importante de toute ma vie.



HRP:
 


© Kira 2015
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Najma
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MessageSujet: Re: 25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]   Mer 3 Aoû - 11:53


▶ MIDI SONNE ◀
ft KIRA



Najma regardait, un sourire aux lèvres, cette jeune femme boire en de grandes bouchées la soupe froide qu'elle avait préparée. Elle n'avait visiblement rien renversé et venait de consommer la totalité du bol sans rien y laisser. Pauvre fille... La faim était une maladie affreuse.

Kira entama alors son long monologue, parlant de l'endroit d'où elle venait réellement et de celui où elle résidait désormais par obligation envers son propriétaire. Le nom de Balbahd ne rappelait rien à Najma. Cette dernière essaya de s'imaginer les paysages que l'esclave avait bien pu voir au cours de sa vie... Mais cela ne donna rien de bien intéressant. Najma n'avait connu que cette ville, cette rue, ce bâtiment. L'autre souvenir qui lui revenait et qui la fit blêmir instantanément fut celui de sa vente, exposée nue sur un échafaud. Le regard de la foule à ce moment précis, lui donnait envie de vomir. La blandinette tenta désespérément de chasser ce souvenir et de reprendre un sourire rassurant, comme elle en avait tant l'habitude d'en faire. C'était difficile...

Alors que la noiraude poursuivait son récit, Najma n'en écouta pas tous les mots. Elle s'était rendu compte qu'elle n'avait jamais goûté à un soupçon de liberté. Enchaînée depuis toujours, elle était convaincue d'être née esclave et de finir certainement sa vie sous ce même statut. Elle ne sera jamais rien d'autre. Juste une chose, un objet... Le destin était bien cruel de la forcer à suivre un pareil chemin.

Najma ramena ses jambes contre elle et laissa finir sa camarade. Elle ne se sentait pas très bien et cette sensation lui paraissait étrange et douloureuse. Elle ne la connaissait pas... De la jalousie ? La jeune fille resta ainsi positionnée quelques instants, silencieuse. Par politesse et par habitude, elle devait sortir des mots plus gentils, mais rien de tel ne parvenait à sortir de sa fine bouche. Seule la haine et la colère contre sa propre existence et sa condition actuelle montaient en elle. Poussant un long soupir tremblotant, elle finit par regagner une expression plus sereine et confiante, levant sa tête vers Kira. Elle esquissa un large sourire.

- Ca fait du bien de voir une personne aussi joyeuse, malgré sa condition exécrable... Comme quoi, l'espoir existe toujours. Je suis heureuse pour toi que tu aies pu trouver une échappatoire. J'espère que tu parviendras à sortir de cette vie de misère et que tu seras libre... Libre de tout.

Elle baissa la tête, marmonnant doucement de sa petite voix. "Libre" était un grand mot ayant si peu de sens aux yeux de Najma.

- C'est incroyable que ce genre de personne puisse exister, on croirait rêver... Enfin, peut-être cela ne restera-t-il qu'un simple rêve pour moi. Doux et inatteignable... Même si cette personne venait à apparaître devant moi, je ne serais jamais capable de changer. Je serais toujours marquée au fer rouge par ce mot qui nous hante tant. "Esclave".

(C)DDS, NE PAS PLAGIER.
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25 d'Ath-Tania de l'an 1002 | Midi sonne, les ventres grognent [PV Kira]
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