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 Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l'une de l'autre ? | Famita ♥

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MessageSujet: Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l'une de l'autre ? | Famita ♥   Ven 1 Jan - 20:36





Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l’une de l’autre ?


« La destinée est le nom abject que donnent les faibles qui jalousent les forts sans essayer de se relever »
6 de Ath Thania de l’an 1002


L’air était comme chargé de désespoir, le monde perdait son éclat, et les sublimes couleurs d’une saison chaleureuse et agréable s’effaçaient comme si elles n’étaient qu’illusoires, lointaines et inaccessibles.

Une brise tiède soufflait sur la capitale de Rakushou, en plein cœur du puissant et redouté Empire Kou. Les rues menant au palais impérial étaient bondées de gens profitant de leur vie sans se soucier un seul instant de tout le malheur qui dévorait le monde, insatiable de cœurs brisés, de larmes et de sang. Ils profitaient des couleurs chatoyantes qui dansaient devant leurs yeux.

Elle découvrait sans aucun réel intérêt ce nouvel endroit. En fait elle s’en fichait. Elle se fichait de tout. A quoi aurait-elle bien pu s’intéresser, elle, l’animal, l’objet sans valeur ? Elle devait se contenter, elle aussi, de vivre sa vie, même si celle-ci n’avait ni sens ni bonheur. Après tout, c’était les choses telles qu’elles étaient, sans intérêt, certes, dénuées de joie, mais elle ne pouvait rien faire pour changer les choses, lâche comme elle était.

Il y avait à peine une semaine qu’on l’avait vendue à Balbadd. Son nouveau maître l’effrayait, car elle ne le connaissait pas. Non, il l’effrayait car c’était un monstre, capable de s’approprier un être humain contre quelques pièces dérisoires. Enfin, elle n’était plus vraiment humaine, maintenant. C’était une bête dont la tâche était de servir celui qui se l’était payée.

Le type s’était révélé être assez influent, et avait la possibilité de voyager entre les différents pays. A peine était-elle arrivée à Balbadd qu’on la traînait à Kou ! Enfin, où qu’elle soit, ça n’y changeait pas grand-chose de toute façon, alors à quoi bon se plaindre de choses aussi futiles et insignifiantes que l’endroit où elle se trouvait ?

Un long soupir lui échappa, tandis qu’elle transportait une multitude de fruits colorés dont elle ne pouvait plus distinguer l’éclat dans un grand récipient jusqu’à la demeure de son maître. Cela impliquait de traîner près du palais, et bien qu’elle n’aimât pas spécialement ça, elle savait bien qu’elle n’avait pas le choix.

Elle se remit à avancer d’un pas lourd, non pas gênée par le poids de sa cargaison, mais par les entraves qui lui liaient les chevilles. Le tintement caractéristique de ce véritable grelot de la honte produisait un son métallique chaque fois qu’il raclait les pavés, et résonnait en elle, brisant chaque fois toujours plus son cœur et son âme.

Oiseau en cage, les ailes enchaînées, elle semblait incapable de voir la lueur de la liberté, incapable de même l’envisager, elle l’être faible condamné à porter ses regrets jusqu’à la fin des temps.

Des larmes roulèrent sur ses joues. Pourquoi tant d’injustice ? Qu’avait-elle fait pour mériter qu’on la traite ainsi ? Est-ce que dans son immense faiblesse, elle ne méritait aucune pitié ? Était-ce ce que les gens appelaient « destin » en souriant de leurs futurs prometteurs ? Si c’était cela, elle n’en voulait pas, du « destin ».

Elle sortit brutalement de son monde, reconnectée avec violence avec la réalité qu’elle fuyait, assaillie par le brouhaha de la rue, les couleurs éblouissantes qui l’entouraient, l’aveuglaient comme si elle était un nouveau-né sortant du ventre de sa mère. Elle se sentait vulnérable.

L’impact l’avait propulsée au sol et avait envoyé roulé au loin les fruits qu’elle transportait. Elle leva les yeux comme si rien de tout ça n’avait d’importance. Au fond de sa poitrine, son cœur se mit à tambouriner furieusement, craintive à l’idée de croiser une paire d’yeux froids et pleins de mépris. Alors, pour ne pas voir ces perles de cauchemar se poser sur elle, elle baissa brusquement la tête, se releva d’un geste hésitant et maladroit, gêné par ses entraves métalliques.

Elle épousseta doucement ses vêtements déjà en lambeaux et déclara d’une voix tremblante à la fois de crainte et de malaise :

D-Désolée…

La voix coincée dans sa gorge, elle ne put prononcer d’autres mots que ces pitoyables excuses, et, pour se donner contenance, commença à ramasser les fruits les plus proches d’elle, et à les nettoyer négligemment pour en retirer la poussière.


© Kira 2015


Dernière édition par Kira le Sam 13 Fév - 11:46, édité 1 fois
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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

۞ 1ère apparition : 17/07/2013

۞ Rukhs : 489

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۞ Localisation : Bloquée dans l'empire Kou avec un Koumei psychopate!

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Famita Karan
SUBORDONNÉ DE KOUMEI

MessageSujet: Re: Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l'une de l'autre ? | Famita ♥   Sam 23 Jan - 14:25

Je descendais de la coupée du bateau avec un manque flagrant d'enthousiasme, replaçant la sacoche derrière mon épaule en ajustant nonchalamment la bretelle de celle-ci. Je n'avais pas eu besoin de beaucoup de bagages pour me rendre à Reim, n'ayant pris que le nécessaire, à savoir de quoi manger et des vêtements. Pas que je n'ai rien trouvé là-bas, mais je ne prenais le risque que pour les belles affaires dont j'étais sûre que je ne les retrouverais pas ailleurs. Par là, je ne parle pas du risque de perdre de l'argent... Je n'étais pas très fière d'avoir repris cette vieille habitude. Inutile de me juger, je le faisais déjà moi-même. Et le poids sur la conscience ne m'avait pas empêché de m'emparer de quelques babioles, la plupart plus tapes-à-l’œil que je ne le pensais.

Le vent soufflait et je me poussais légèrement pour laisser passer les commerçants descendre avec leurs cargaisons. Je gênais le passage. Je n'avais eu aucun scrupule à voler les habitants. Voler les autres était un loisir qui occupait tout mon quotidien, avant. Je ne m'étais jamais laissé envahir par la culpabilité. Je m'y étais même vite habitué. Je ne m'en vantais pas mais c'est vrai que dés le premier jour, je n'avais pas eu l'ombre d'un remord. J'étais juste satisfaite à ne pas avoir eu de difficulté à m'approprier un bracelet en or appartenant à une noble. Je crois que c'était à Sindoria. Ce qui signifierait que j'ai commencé à prendre les affaires des autres dés mon plus jeune âge, et ça, sans qu'ils s'en aperçoivent.

Je donnais encore l'impression de me jeter des fleurs. Pourtant je n'avais rien qui pourrait impressionner qui que ce soit. C'était la triste réalité. La fille dont je venais de parler avait beau être assez fine pour enlever aux riches leurs biens, précieux ou non, sans se faire prendre, contrairement à certains bourrins qui s'étaient pris plus d'une gifle et avaient déjà étés humiliés publiquement à cause de leur manque d'habilité, elle n'en restait pas moins inutile. Jusqu'à aujourd'hui, j'avais fait preuve d'une grande discrétion. D'autres appelleraient juste ça de la "chance". Mais je faisais toujours de mon mieux pour un passe-temps aussi honteux que le vol. Pouvait-on même appeler ça un don? Pour moi, ce n'était clairement pas de la chance. J'étais parvenue à piquer des objets à mon entourage par mes propres moyens. Parfois, c'était des imbéciles qui ne voyaient même pas la différence quand un de leurs grelots venait à disparaître. Quand on y réfléchissait, ce n'était pas si compliqué. Si les brigands se faisaient remarquer quand ils dévalisaient ceux qui travaillaient durement pour gagner leur vie, ce n'était pas une question de maladresse de leur part.

Alors en quoi devrais-je m'en vanter? Mis à part ces deux infiltrations à Kou qui se sont terminées par un échec, personne ne m'avait remarqué peu importe ce que je faisais. Que je fasse quelque chose de mal ou de bien, ça n'avait pas grande importance. Ces actions avaient beau être pitoyables, elles suffisaient à m'amuser. J'émis un faible soupir puis me décidais enfin à m'éloigner des navires.
Je ne savais pas trop où aller. Le palais était le premier lieu auquel je devrais songer après ma longue absence mais je doute que la seule personne qui ait tenu à ce que j'y reste se souvienne encore de moi. Je claquais ma langue à cause de mon mécontentement. Puis je me rendis compte que cet endroit faisait encore plus ressortir mon inutilité. Pourquoi voudrais-je y retourner? J'étais déjà bien assez complexée comme ça. Je n'avais pas envie de me rendre dans un lieu qui me faisait sentir encore plus mal. Je ne méritais pas un tel châtiment. L'idée de revoir un prince aussi pénible que Koumei Ren ne me souriait guère mais étrangement cela me motivait également à courir le risque de me faire prendre et à être à nouveau sermonnée par des gardes qui pourraient aussi avoir oublié ma personne.
C'était cet homme qui m'avait demandé à devenir sa subordonnée. Ce n'était pas vraiment le terme qu'il avait employé à notre première rencontre mais me souvenir du vrai mot me mettais de nouveau en rogne contre lui. J'étais peut être immature de lui en vouloir encore pour ça mais si je m'en rappelais, j'allais finir par forcer le passage du palais et chercherais un moyen de venir le déranger directement dans son bureau. Ou dans sa chambre vu le rythme de vie illogique de ce prince.

Je savais m'abstenir mais il y avait des fois où je pouvais me comporter comme une gamine impulsive et la perte de mon sang-froid pourrait m'emmener dans une situation dangereuse.

Ce type n'était pas fiable. J'ignorais si retourner le voir était une bonne idée. Ce prince semblait si éloigné de la réalité qu'il ne serait pas impossible qu'il ait oublié mon existence. Ce serait un peu étonnant, et surtout gonflé de sa part, mais je pouvais déjà l'imaginer me demander mon nom ou m'inciter à regagner la sortie pour ne pas attirer plus d'ennuis si je venais à le revoir. Même si cette réaction me blesserait, j'essaierai probablement de lui rappeler qui je suis et cette fois il n'aurait pas intérêt à m'effacer de sa mémoire. Je ne savais pas comment étaient les autres princes mais si ceux-là étaient connus pour leur fourberie, il faisait honneur à leur réputation. Et je ne supporterais pas le voir faire mine ne plus se souvenir de moi. On ne sait jamais. Il pourrait être revenu sur sa décision et se serait rendu compte de mon incapacité à protéger qui que ce soit en mon absence.

Mes mains se mirent à trembler alors que mes pas me menèrent sur le chemin du palais. Réaliser qu'on se faisait manipuler était plutôt offensant. Mais que MOI, je parvienne à me faire avoir par un homme tel que lui réduirait à néant le peu de confiance que j'avais en mes jugements. En général, j'étais assez maline pour ne pas croire aveuglement en une personne. Et ce n'est pas comme si j'avais confiance en Koumei. Je savais que je devais rester méfiante à son égard. Je ne parvenais pas à anticiper ses réactions après tout et je continuais de m'interroger.

Je m'arrêtais dans ma marche, indécise. Je me trouvais maintenant en plein centre de Rakushou et me contentais de fusiller les gens qui me frôlait à peine du regard. Je détestais les endroits où il y avait autant de monde. Les êtres humains avaient peu de respect et fonçaient les uns dans les autres, souriant bêtement à la vie. Je ne me poussais pas  pour laisser passer l'un de ces boulets alors qu'ils avaient tout l'espace dont ils avaient besoin. Ceux qui manquaient de me bousculer n'existaient que pour m'emmerder. Voyez comme ma bonne humeur éclaire la journée de chacun.

Avec un caractère aussi insupportable, je doute que le prince ait réellement pu oublié les désagréments que je lui ai causés. Hautaine, susceptible et méfiante. Ce n'étaient pas les qualités qu'on attendait d'une subordonnée. Oui, je me contenterais d'utiliser ce terme malgré tout le déplaisir que j'éprouvais pour lui au début. A force, on s'y faisait plus que ce terme insultant donné par le prince. Je fronçais les sourcils en baissant la tête, ne parvenant pas à me décider. Tout était toujours si difficile avec moi. Je revoyais tous les scénarios possibles avant d'effectuer quoi que ce soit. Je m'efforçais à être prudente quoi qu'il arrive.

Si cela se trouve, j'avais juste peur du prince. Je craignais qu'il se moque de moi s'il me voyait revenir à lui sans feindre l'indifférence. Je le voyais bien sourire sournoisement, signe qu'il aurait gagné la partie. Retourner le voir en prenant soin de me faire repérer que par des gardes au courant de ma fonction, prouverait que je me soumettais à lui en accordant autant d'importance au règles du contrat qu'il avait lui-même fixés. Je ne pouvais m'empêcher de rager intérieurement en y songeant. Je ne craignais pas cet homme mais je préférerais presque faire demi-tour et continuer de voler les autres tant que j'en avais encore l'occasion. Après tout, j'ignorais de quelle manière les choses avaient évolué au palais, si elles en avaient eu le temps. Des mesures avaient peut être étés prises demandant à ce que le premier prince connaisse toutes les têtes qui franchissaient les murs qui séparaient la famille royale du reste de la population. Que faire si Koumei était revenu sur ce qu'il m'avait dit à cause de certains changements qui auraient étés faits pendant que je séjournais à Reim? Mon retour au palais pourrait nous mettre tous les deux dans une situation délicate...

M'étant débrouillée pour qu'il n'ait aucun moyen de me déranger en cherchant à me joindre durant mon "congé", même si l'idée de faire preuve de compassion envers sa chose -arf! J'ai finis par le dire- lui venait à l'esprit, il n'aurait pas réussit à me faire passer l'information. D'un côté, je ne doutais pas qu'il s'agissait d'une personne pleine de ressources. Pourtant, je n'avais eu aucune nouvelle d'un quelconque changement à Kou pendant tout ce temps. Devrais-je prendre le risque malgré tout? Cette idée avait beau ne pas me tenter, j'étais assez curieuse de voir de quelle façon ça allait tourner même si la mort risquait d'être ma seule option. J'irais malgré tout.

Ce serait mieux que de mourir en se retrouvant prise sur le fait dans une tentative de vol. Je devais faire honneur en la seule chose dans laquelle j'excellais.

Enfin décidée, je pris mon courage à deux mains pour reprendre ma marche. A peine eu-je le temps de faire un pas qu'une personne se cognait violemment contre mon dos. Quelle sensation désagréable. C'était vif et ça faisait un mal de chien. Je me retournais, furieuse pour faire face à celui qui venait de pourrir ma matinée. Mais c'est à peine si j'eu la chance de le voir.

L'ébène qui se trouvait devant moi redressait vivement la tête pour la rebaisser aussitôt tout en se levant. Je la regardais avec un air plus soucieux. Si ce choc m'avait tout juste sorti de ma "bonne humeur", la jeune femme s'était quasiment retrouvée par terre.  Elle aurait du faire attention où elle marchait, tout autant que moi, mais la petite douleur qu'elle devait ressentir suffirait à calmer mon envie de lui hurler dessus.

Bon, rien n'assurait que j'aurais gardé mon sang-froid si d'autres personnes m'avaient bousculé avant elle mais forte heureusement, ce n'était pas le cas. A croire que la chance me souriait aujourd'hui. Il ne me manquait plus que de ranger mes trouvailles en lieu sûr, ce serait le comble si je me faisais voler aussi.

Je scrutais craintivement la demoiselle du regard, redevenant méfiante. Celle-ci époussetait ses vêtements, visiblement gênée. Je levais un sourcil, un peu peinée pour elle, ne pouvant qu'accepter ses excuses maintenant que j'avais vérifié qu'elle n'avait touché à rien. Je me rendis compte qu'elle portait des haillons. Je ne pouvais pas m'empêcher de remarquer que la raison de sa maladresse venait d'entraves... D'accord, la stupidité avait un visage. Moi.

Cette fille était définitivement pardonnée! Je blêmis de honte, détournant le regard. Me rendant compte que fuir son regard était également ridicule, je m'arrêtais dans mon geste. Si je détournais le regard tout de suite, elle pourrait penser que c'était parce que je la considérais comme digne de pitié. Ce qui était absolument faux. Rien ne me faisait pitié à part les abrutis. Et cette esclave n'avait rien fait d'idiot.

Je haussais les épaules avec un air détaché en la voyant ramasser les fruits qui s'étaient retrouvés par terre en partie à cause de moi:

- Ce n'est pas grave, je gênais le passage. Attends, je vais t'aider...

Je m'abaissais à son niveau pour lui rendre ce service, faisant preuve d'une gentillesse incroyable, mais un peu injuste pour les gens qui devaient faire le tour pour passer s'ils ne souhaitaient pas supporter un flot de jurons de ma part. Même si je doutais fort que la brune se soucie de ce genre de bonne action. Des êtres charitables, on en croisait, ça arrivait rarement car le monde était ce qu'il est, mais ça arrivait... J'imagine. Je n'en avais pas croisé beaucoup. Je ne devais pas inspirer la sympathie.

Je ne me jugeais pas assez compréhensive pour prétendre savoir ce que ressentaient les esclaves. J'essayais d'agir comme je souhaiterais qu'on le fasse pour moi. Je ne faisais pas semblant de ne pas avoir remarqué ses menottes pour jouer aux filles altruistes "hé, pour moi, ça n'a pas d'importance!" , ce que je n'étais pas sans pour autant la regarder avec attendrissement. Je ramassais soigneusement quelques fruits et les remis dans la cargaison. Je me fichais qu'elle ne me remercie pas ou qu'elle prenne mal le fait que je l'aide. J'estimais que quelqu'un d'autre s'occupait de lui mener la vie  dure à ma place pour que je pète une crise et l'aider à ranger ne me mettrais pas plus en danger que je ne le suis déjà.



Arigato démon du thé ♫


Dernière édition par Famita Karan le Sam 19 Mar - 22:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l'une de l'autre ? | Famita ♥   Ven 26 Fév - 12:41





Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l’une de l’autre ?


« Glowing hope »

6 de Ath-Thania, an 1002



La personne qu’elle avait bousculée – une jeune femme aux cheveux noirs comme la nuit et au regard perçant – l’observait avec méfiance. Elle avait plus ou moins l’habitude de ce genre de regards posés sur elle. On la prenait pour une voleuse, parfois, ou alors on soulignait son insignifiance en la toisant de la sorte. On lui rappelait sans cesse qu’elle était un être sans importance, destiné à servir. Un animal. Un objet.

Son regard vogua jusqu’aux chevilles de la jeune esclave, puis elle ne put s’empêcher de blêmir. Cela gêna Kira, qui ne sut pas trop comment réagir. L’autre commença à détourner les yeux. La situation en devenait presque oppressante, et la jeune fille détestait ça. Mais elle s’arrêta en plein milieu de son geste, se ravisant soudainement.

La regardant pour de bon, la jeune femme haussa les épaules d’un air détaché, son visage s’adoucissant.

Ce n'est pas grave, fit-elle, acceptant pour de bon ses excuses, je gênais le passage. Attends, je vais t'aider...

Elle se pencha doucement au niveau de l’esclave et commença à ramasser les quelques fruits qui traînaient autour d’elle. Kira les prenait avec délicatesse et les époussetait pour en chasser les saletés avant de les remettre dans son récipient.

L’autre l’aidait sans rien dire de plus. Pourquoi ? Avait-elle mauvaise conscience après avoir vu cette pauvre jeune fille incapable de marcher sans tomber ? Kira en doutait. Elle ne l’aurait pas jugée cruelle, au contraire, mais elle ne semblait pas être le genre de personne qui vient aider son prochain pour le plaisir de faire une bonne action. Il y avait sûrement une raison derrière ça, et quelle qu’elle soit, ça n’avait aucune sorte d’importance. Elle se fichait bien des motivations de la jeune femme en face d’elle, elle ne pouvait seulement s’empêcher de ressentir une once de reconnaissance envers elle.

Alors qu’elle n’était qu’un objet, sans valeur, remplaçable, elle l’aidait, sans tenir compte de son statut. C’était assez gentil, et cela touchait la jeune fille. Quelqu’un qui, même en ayant vu ce qu’elle était, n’y attachait aucune espèce d’importance, la voyait comme un être humain malgré sa condition d’animal.

Doucement elle tendit la main et prit le poignet de la jeune femme, sans forcer. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Tant de bonté, même si elle pouvait cacher quelque chose, la touchait, elle, l’objet qu’on utilisait sans se soucier de ce qu’elle pouvait sentir, au fond d’elle.

Merci, souffla la jeune fille.

Pourtant elle savait qu’aider une esclave n’était pas la meilleure chose à faire. Seul le maître de cette dernière pouvait choisir de lui offrir de l’aide ou non. Une personne extérieure à cette douteuse relation n’avait aucun droit sur l’esclave, et risquait d’avoir des ennuis si elle s’immisçait ne serait-ce que légèrement dans la vie de ce dernier.

Elle refusait qu’on ait des ennuis pour elle. Elle était déjà suffisamment lâche et faible pour que d’autres souffrent à sa place. Cela la révulsait qu’on puisse s’attirer des problèmes pour être aussi ignoble qu’elle.

C’est vraiment gentil, mais je pense que je vais pouvoir finir toute seule, fit-elle timidement. Puis, elle ajouta tout bas, pour ne pas vexer la jeune femme : Je ne veux pas que vous ayez des ennuis à cause de moi…

HRP:
 


© Kira 2015
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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

۞ 1ère apparition : 17/07/2013

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Famita Karan
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MessageSujet: Re: Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l'une de l'autre ? | Famita ♥   Sam 26 Mar - 23:27

Je tapotais doucement chaque fruit que je ramassais afin de retirer les quelques grains de poussière qui s'y étaient incrustés, remarquant que l'inconnue faisait la même chose.

A vrai dire, même si ça pouvait paraître idiot étant donné son attitude réservé, je m'attendais à ce qu'elle s'arrête dans son geste pour me frapper la main ou me repousser d'une autre manière.

Certains esclaves étaient tellement habitués à n'être touchés que par leur maître qu'ils semblaient mal supporter le fait qu'une autre personne les approche sans avoir recours à la violence. Je ne comptais pas non plus la gifler car elle n'était pas habituée à ce qu'on lui rende ce genre de service.

Je ne savais pas pourquoi je redoutais tant que ça qu'elle rejette mon aide... Je devais bien être l'une des seules personnes à craindre les réactions d'une fille enchaînée. En fait, j'avais peur que cet élan de gentillesse l'effraie et qu'elle parte en courant en ramassant rapidement ses fruits, sous le choc, me laissant plantée là, toute seule, comme une imbécile. Jamais je ne faisais preuve de bonté envers les autres et quand ce jour arrivait, je craignais qu'on agisse avec froideur avec moi. Comme pour me montrer l'effet que ça faisait. Mais je pensais qu'il m'était encore autorisé à faire preuve de compassion et j'anticipais suffisamment bien la réaction des autres pour comprendre que la plupart étaient ravis qu'on agisse ainsi avec eux.

Enfin, j'avais tord de m'inquiéter. La jeune femme continuait de ramasser les fruits, sans rien dire. En même temps, je n'attendais pas vraiment de réponse de sa part. Aucun geste brusque ne vint m'arrêter dans mon activité. J'aurais dû m'en douter en la regardant. Elle n'avait pas l'air du genre à se rebeller. Certes, je ne la connaissais pas mais rien qu'à voir la façon dont elle fuyait mon regard, je l'imaginais mal extérioriser sa colère d'une manière aussi excessive. Parfois, les gens peuvent vous surprendre, me diriez-vous mais appréhender une telle réaction n'était pas très logique de ma part.

Je ferais mieux de me dépêcher, son maître devait l'attendre. Pourquoi je me préoccupais autant d'elle? Je n'étais pas dénuée de sentiments, du moins je l'espérais, cette faiblesse était bien l'une des seules choses qui me hissait au même niveau que les autres êtres humains, mais je pensais toujours à moi et rarement aux autres. Alors pourquoi cette préoccupation, ce soudain intérêt? Avais-je acquis de la bonté? Je voyais difficilement quelles rencontres m'auraient permis de comprendre le sens de ce mot et je m'imaginais encore moins en faire preuve...

Ou alors je faisais juste ça pour moi, pour me sentir mieux. Un être superficiel qui se mettait à faire une bonne action comme pour soulager sa conscience. Je n'avais jamais rendu service à qui que ce soit, ni aidé une personne à surmonter une épreuve douloureuse et j'étais encore moins parvenue à sauver quelqu'un. La seule chose dont j'étais capable était de freiner les autres et quand je m'abstenais de me mettre sur leur chemin, chose qui n'arrivait pas souvent pour la fille à problèmes que j'étais, le mieux que je puisse faire était de rester passive en les regardant tout garder pour eux.

C'était ça. Cette attention ne suffisait pas à me convaincre que cela rattraperait le reste mais penser que c'était pour cette raison que je faisais ça m’apaisait. C'était ainsi que les choses fonctionnaient. Je resterais bloquée, je n'évoluerai pas car je n'étais pas assez forte pour ça. Rien n'avait changée. Je restais la même.

Je finissais par me demander ce qui m'arrivait.

J'examinais la pomme que je tenais depuis je ne savais combien de temps déjà -le temps qu'il m'avait fallut pour me perdre dans mes pensées-, l'air songeuse puis je me ressaisis immédiatement avant que la demoiselle ne se mette à me trouver louche. Je jetais un peu violemment le fruit dans le récipient, sans faire attention. Je réalisais de nouveau rapidement ce que je faisais et veillais à ce que la pomme n'ait pas été trop abîmée. Je repris mon calme en voyant que ce n'était pas le cas. Cette esclave n'aurait pas plus de problèmes à cause de moi... Et j'accomplirais ma bonne action sans ennuis. Reste attentive, idiote! Ce n'est pas en culpabilisant quand tu as mieux à faire que tu deviendras une meilleure personne!

Tiens? Venais-je d'affirmer qu'une possible évolution m'attendait? Ça y est. Je commençais à devenir comme ces imbéciles heureux avec toutes ces idées qui s'embrouillaient dans ma tête.

Je sursautai en sentant une main frôler mon poignet et fis volte-face en croisant le regard de la jeune femme, m'attendant à me faire agresser à tout moment. Je repris mon souffle en posant une main sur ma poitrine pour pousser un soupir de soulagement. Le moment de me chasser avait-il finis pour arriver? Elle avait pris son temps. Peut-être que ses actions étaient en décalage avec ses pensées? Au moins, elle ne partait pas en courant sans explication.

J'éloignais ma main du récipient tout en observant l'inconnue, croyant toujours qu'elle rejetait mon aide. Pourtant la manière dont elle me tenait ne trahissait aucune agressivité de sa part. Peut-être que la raison pour laquelle je n'avais pas mal était tout simplement qu'elle n'avait aucune force?
Je clignais des yeux en voyant des larmes couler et déviais de nouveau mon regard, mal à l'aise. Je l'effrayais à ce point? Elle devait vraiment avoir envie de me voir partir. Je n'avais jamais fait pleurée qui que ce soit donc j'avais du mal à deviner quel sentiment ces larmes était censé faire ressortir. Je ne me sentais pas bien du tout. C'était ridicule, quand même. Je n'avais pas de raison de me blâmer. Pour une fois que je voulais bien faire en rendant service à quelqu'un.

Mes lèvres se mirent à trembler sans que je ne sache pourquoi. La réaction normale d'une personne serait d'arrêter ces pleurs ou d'en demander la cause mais comme je la redoutais, je préférais éviter de croiser le regard de la demoiselle. Je devrais m'en aller. Pour quelle raison je restais bloquée comme ça?

Je détestais avoir à supporter ce genre de scène même si je n'y étais pas habituée. Je savais qu'il s'agissait là du genre de situation que je préférais fuir telle une lâche. Je n'étais même pas capable d'éprouver de la honte à l'idée d'avoir fait pleuré quelqu'un et je m'en voulais. En vérité, comme je ne savais pas ce que j'avais fait pour la faire pleurer ainsi, je ne savais pas quoi penser et encore moins comment réagir. Peut être que le simple fait que je sois là la dérangeait? Ce n'était pas de la peur qu'elle éprouvait à mon égard pour avoir osé me toucher... Alors quoi? Du dégoût?

Quoi qu'il en soit, je ferais mieux de m'en aller. Je commençais à me relever, un peu contrariée avant d'entendre ce mot:

▬ Merci.

Je jetais un œil à la demoiselle, très confuse. Ce n'était pas compliqué de deviner la raison pour laquelle elle me remerciait mais je mis un peu plus de temps à comprendre pourquoi elle pleurait. J'étais irrécupérable. Quoi que... Pas tant que ça. Je n'avais pas envisagé l'idée que c'était des larmes de joie mais ce n'était pas de ma faute. Comment aurais-je pu y pensé? Dans la plupart des cas, on pleurait quand on était triste ou désespéré. Les fois où on se mettait dans cet état car on était reconnaissant ou heureux n'étaient pas si fréquents que ça... La vision que j'avais du monde était peut être trop négative mais il fallait admettre que les larmes qu'on laissait couler étaient rarement rattachées à un sentiment positif devant des personnes comme moi.

Je ne pouvais m'empêcher de réprimer un petit sourire en voyant sa réaction. Ce n'était pas du sadisme. J'éprouvais un certain plaisir en l'entendant me remercier. Était-ce la satisfaction personnelle que je ressentais après avoir fait une bonne action étant donné que j'étais une enflure? Probablement. Ça y est, je recommençais à me sentir mal. Mon mauvais caractère m'empêchait de reconnaître cet élan d'égoïsme. Je détestais me sentir comme ça.

A cause de cette prise de conscience, je repoussais doucement la main de la jeune femme. Les mots qui sortirent ensuite ne tardèrent pas à être regrettés avant même qu'ils n'aient tous étés prononcés:

- Ne pleure pas comme ça. Si tu continues, on va croire que je te maltraite, me contentais-je de répondre.

Est-ce que j'avais vraiment dit ça? Est-ce que je venais vraiment de lui demander d'arrêter sous prétexte que je me souciais de l'image que les autres avaient de moi? Je me dépêchais de ranger les fruits pour cacher ma honte. De mieux en mieux. Félicitations, Famita. Être quelqu'un une hypocrite ne te suffisait pas, il fallait en plus que tu en rajoute une couche en demandant à quelqu'un de contrôler ses émotions alors qu'il versait des larmes de joie. Chose qui était déjà un miracle quand un porte-malheur se trouvait à côté. Ça aurait dû flatté mon ego de voir que j'étais capable de provoquer ce genre de réaction chez une personne et j'aurais dû faire durer cela plus longtemps. Mais non, je ne savais pas ce que je voulais.

Pourquoi je lui avais parlé comme ça? Les remerciements étaient si inhabituels pour moi que je devais refroidir l'atmosphère aussi vite que je le pouvais?

Peut être pensait-elle que je l'avais repoussé par peur de me salir? L'impression que je lui donnais était détestable. Et j'aurais du mal à la rattraper.

J'hésitais à m'excuser et je ne le fis pas. Foutue fierté.

▬ C’est vraiment gentil, mais je pense que je vais pouvoir finir toute seule.

Je déglutis. Je l'avais blessée. Cette réaction était tellement prévisible... Même si m'excuser était la meilleure chose à faire, aucun mot ne voulait sortir. Je fis la moue, penaude.

▬ Je ne veux pas que vous ayez des ennuis à cause de moi…

On dirait que c'était tout ce qui manquait pour que je me décide enfin à reconnaître ma bêtise haute voix et je commençais à m'emballer en agitant les mains:

- Ah, non, je ne risque rien du tout! Ne t'en fais pas pour moi. Je ne pen... Ah... Tu veux dire...

Je jetais un œil à droite et à gauche. Où se trouvait son maître? J'agissais de manière tellement futile... Je me redressais vivement en reprenant un air hautain. Il ne s'est rien passé. J'ai la situation en main et ce n'est pas une inconnue qui me fera perdre mes moyens... Je suis Famita le déchet. Mais un déchet digne ! Je croisais les bras sur ma poitrine en la toisant du regard pour me convaincre moi-même.

Je me retins de dire à la jeune femme qu'il ne devrait y avoir aucun problème si son maître n'était au courant de rien mais sa fidélité l'obligeait probablement à ne rien lui cacher.



Arigato démon du thé ♫
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Pourquoi es-tu si fière quand je souffre, alors que nous ne sommes que le reflet l'une de l'autre ? | Famita ♥
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