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 Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]

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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

۞ 1ère apparition : 17/07/2013

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۞ Localisation : Bloquée dans l'empire Kou avec un Koumei psychopate!

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Famita Karan
SUBORDONNÉ DE KOUMEI

MessageSujet: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Dim 19 Avr - 20:08

Nous sommes le 27/ 04 (Thani) 1001




Je me déplaçais dans les couloirs, démotivée. C’est l’une des rares tâches que Koumei m’a confié depuis que je suis ici et elle n’est pas vraiment difficile à accomplir. Le problème est juste que je n’étais pas d’humeur. Disons qu’après la soirée que j’ai passée, j’étais assez épuisée. Hier, j’ai passé toute l’après-midi avec la sans-cerveau. La sans-cerveau est un surnom que j’ai donné à Jasmine, l’amie du premier prince de l’Empire Kou. Enfin, revenons à la raison de ma fatigue. Voyez-vous, je voulais profiter de mon jour de congé pour informer mes tuteurs de la nouvelle fonction que j’occupais au palais. Bien qu’ils soient habitués à mes fuites qui pouvaient prendre plus d’une semaine, celle-ci était plus longue comme je suis devenue la subordonnée du second prince, à mon grand regret. Je préférais prévenir mes parents adoptifs calmement pour éviter qu’ils commencent à me chercher dans tout le pays alors que je passais des jours tranquilles au palais. Un peu de compassion, que diable. Finalement, je n’ai pas trop profité de mon temps libre pour aller les voir puisque j’avais passé ma journée avec Jasmine. Pas que j’ai trouvé son idiotie agréable mais c’était une personne plus intéressante qu’elle en a l’air. C’est un peu pour cette raison que j’étais restée avec le prince Koumei d’ailleurs, même si son attitude me déplaisait, il était assez intriguant. Enfin malgré ces moments passés avec la jeune femme, je n’avais pas oublié mon objectif. C’est pour cela qu’après de longues heures de marche, j’avais enfin trouvé mes tuteurs. Ils avaient beau ne pas être ma véritable famille, j’avais une certaine dette envers eux.

Le problème est que j’avais préféré passée la nuit dans ma chambre plutôt que dehors. Quand j’étais rentrée, le soleil était couché depuis un bon bout de temps. J’avais un peu surpris les gardes en rentrant à une heure aussi tardive. Je pouvais presque lire dans les pensées de ces impolis qui semblaient se dire « la subordonnée de Koumei-sâma avait de drôles de manières ». Ils devaient s’y habituer, ce n’était pas moi qui avais voulu rester ici, au départ. J’ai été un peu poussée, c’est pour dire. Il fallait admettre que je n’étais plus habituée à me coucher aussi tard. J’avais oublié comment étaient mes horaires avant d’atterrir à Kou. J’avais l’habitude de me coucher et de me lever quand je voulais alors que là j’avais des horaires précis. Chose à laquelle je n’étais absolument pas habituée, avant. Ce qui explique que j’ai eu du mal à m’endormir après être rentrée si tard.

Enfin, contrairement au prince que je servais, j’avais de la chance que ma fatigue ne soit pas démontrée sur mon visage. Seule ma manière de marcher montrait que j’avais mal dormi. Sinon, je m’en étais sortie sans cernes. Mon visage est tellement parfait qu’il s’adapte à tous mes états, ah ah. Il resplendit autant que les jours où je suis réveillée. Pour en revenir à la tâche que le pigeon possessif m’avait confiée, elle n’était pas vraiment compliquée. Encore heureux après la nuit blanche que j’avais passé, me direz-vous.

Toutefois, je gardais un œil assez éveillé derrière la porte de la chambre d’Eris. J’ignorais qui était cette personne, j’en avais parfois entendu parler. Encore une femme ? Je pensais que les subordonnées femmes étaient plutôt rares, pourtant. Pas à l’Empire Kou, à priori. A moins que la dénommée Eris soit une invitée ? Je n’en sais trop rien, à vrai dire. Je savais déjà que ce n’était pas l’une des huit princesses, ayant pris le soin de retenir leurs noms. Je ne fis donc pas dans la finesse et ouvrais la porte, sans frapper :

- Eris Personne ? Le prince Koumei veut te voir.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis une petite fille. Qu’est-ce que ce prince lui voulait ? Et s’il s’agissait d’une invitée, voyageait-elle vraiment seule ? Il faut dire que les rencontres que j’avais fais à l’Empire Kou étaient plutôt étranges mais je ne m’attendais pas à voir une enfant qui n’appartenait pas à l’Empire Kou dans ce palais.



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Dernière édition par Famita Karan le Mar 3 Nov - 21:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Mar 28 Avr - 20:51

Depuis la veille au soir et son retour dans la capitale de l'empire Kou, Eris ne cessait de se répéter le discours qu'elle allait tenir aux princes.

Mais plus le temps passait et moins l'ancienne voleuse se sentait à l'aise. Ses mots lui paraissaient maladroits, sa rhétorique plate, son argumentation vide de toute substance. La jeune fille avait beau tourner et retourner la situation, tout cela lui semblait si absurde... presque surréaliste.

Comment avait elle pu caresser l'idée, même l'espace d'un instant, d'arriver à convaincre un des hommes les plus puissants du monde du bien fondé de sa demande ? Pensait elle vraiment que ce tas de cailloux recouvert d'écriture Tran allait satisfaire les appétit du premier prince ? Qu'en lui disant « Salut, je m’appelle Eris , je suis fan de ce que vous faites et je vous apporte deux ou trois tablettes antiques » allait suffire ? Une chose était sûre. Pour si peu , l’aîné du prince Koumei n'allait pas lui répondre « Z'êtes bien aimable ma p'tite demoiselle ; tenez, je vous refile un royaume . »

A croire que le second prince c'était moqué d'elle quant il lui avait soufflé l'idée de cette expédition. Peut être était-ce sa manière de faire payer la fille du désert pour l'incident du bain ?

À cette idée, Eris se mit à faire les cents pas à travers la chambre. Elle s'imaginait les pires scénarios possibles. Puis soudain , n'y tenant plus , la rouquine se jeta sur son lit pour se cacher sous les couvertures afin de sangloter tout son soûle.

Il n'y avait pas à dire , la saltimbanque su porté mal la pression.

C'est alors que la porte s'ouvrit.
Une voix féminine s'éleva :

« Eris Personne ? Le prince Koumei veut te voir. »



La tête de la pleurnicheuse émergea de dessous la couette. Ses yeux étaient rouge et son visage ruisselait de larmes.



la fille des sables balbutia des excuses . Tout en tentant de se dépêtrer de son linge de lit, la demoiselle des sables observait la nouvelle venue. C'était une jolie jeune femme aux cheveux sombres comme la nuit. Elle ne portait pas la tenue des serviteurs du palais , ni ceux de la garde. La nouvelle venue n'était pas non plus vêtue comme une princesse. Alors qui était elle ? Comment eris devait elle s'adresser à elle ?

L'angoisse de l'adolescente monta d'un cran. Déjà qu'elle se croyait dans une situation calamiteuse, si en plus elle devait faire face à des problèmes protocolaires...

Quoi qu'il en soit, à force de se débattre l'apprentie diplomate réussit à repousser les assauts des couvertures . Elle était un peu essoufflée, les cheveux et les vêtements en désordre mais au moins , Eris se retrouvait debout devant l'inconnue.


« Voi... voilà. Je suis prête. Excusez moi pour l'attente … euh... Madame. »



Puis la gamine regarda le bout de ses chaussures d'un air contrit ne sachant pas trop quoi ajouter.
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Famita Karan
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Jeu 30 Avr - 22:41


La délicatesse n’est décidément pas le trait le plus marquant de ma personnalité. Je m’étais contenté d’ouvrir brusquement la porte sans poser mon oreille sur celle-ci avant pour m’assurer de l’état de la personne. Comment aurais-je pu deviner que c’était une enfant en train de pleurnicher qui se trouvait dans la pièce ? J’avais bien sûr anticipé le fait qu’elle puisse être en train de se changer mais étant donné que nous sommes toutes les deux des femmes, je ne voyais pas quel serait l’inconvénient dans tout cela. Alors, encore une fois, j’avais mis la politesse de côté pour faire une entrée brutale et remarquée. Je me fichais de ses pleurs, l’important pour moi est d’effectuer la tâche que le violine m’avait confiée. Enfin, cela restait une gamine et je ne doutais pas que le prince Koumei avait pu se montrer rude avec elle. Lui ou un autre être malveillant… Enfant ou pas, cela devait faire un moment qu’elle se trouvait dans l’Empire alors qu’elle prenne un peu sur elle. Je secouais légèrement mes mains, regardant ailleurs pour ne pas croiser son regard rempli de larmes.

Malgré l’ennui que je ressentais, je n’avais pas le cœur à m’en aller de la chambre en claquant la porte d’un coup sec. Cette envie effleura encore moins mon esprit lorsque j’entendis la pauvre Eris présenter quelques excuses à peine inaudibles. Je soufflais en hochant doucement la tête. Le fait d’entendre une malheureuse enfant balbutier ce genre de choses ne me touchais pas plus que cela mais la seule chose que je trouvais était d’ignorer tant bien que mal ses sanglots tout en attendant qu’ils s’arrêtent. Tandis que la jeune fille semblait se décider à enfin sortir de son lit, je faisais mine d’observer sa chambre. Je reposais de nouveau mon regard sur elle tout en haussant les sourcils. Qu’est ce qui avait bien pu la mettre dans un état pareil ? Bien que je râlais intérieurement parce que j’étais fatiguée et qu’on m’imposait une telle vision dès le matin, je m’interrogeais un peu sur la situation de la fillette.

Je ne savais pas grand-chose du palais mis à part ce que le deuxième prince m’avait appris. Heureusement pour lui, ce n’était pas que des informations inutiles. Mais peut-être avait-il fait sa langue de bois quelque part ? C’est une hypothèse à ne surtout pas écarter. En général lorsque vous souhaitez qu’une personne rentre à votre service, vous n’allez pas lui révéler vos vilains petits secrets. Il n’y a aucun doute sur le fait que Koumei ne m’avais pas tout dit. Allais-je faire ma fouineuse tout de suite ? Non, je devais encore attendre. Il fallait vraiment qu’il m’accorde d’avantage sa confiance si je ne veux pas prendre le risque qu’il finisse vraiment par me raconter des mensonges juste car il est exténué par mes questions. Pour le moment, je devais lui obéir même si ça me frustrais.

Cependant, je ne pus m’empêcher de me questionner sur la raison de la présence de cette Eris. Etait-elle une invitée ? Ce n’est pas en tant que tel que j’en ai entendu parler. Ce n’est pas une princesse du palais pour autant. Que cherchait-elle ? Quel était le rapport avec Koumei ? Et pourquoi cela la faisait pleurer ? L’homme pour qui je travaillais… Faisait-il pression sur elle ? Déjà que sa manière de se comporter avait été louche le premier jour où je l’ai vu mais en plus de cela, je n’avais aucune idée de quelle façon ils traitaient les enfants. Ça m’étonnerait beaucoup qu’ils aient décidé de la recueillir et de la prendre en charge par simple bonté. Toutefois, elle paraissait n’avoir aucune blessure ou n’avoir subi aucun coup. C’était fou que je m’inquiète autant. Je devais bien laisser mes doutes de côté avec le prince juste pour faire quelque chose d’aussi simple que de transmettre un message à quelqu’un. Quelque part l’idée de passer pour une simple intermédiaire sans cervelle qui ne s’interrogeait pas plus que cela sur ce qui se tramait dans son dos me déplaisait. D’un côté, ce n’était pas le devoir d’une subordonnée de se mêler de la vie privée de son prince. Depuis quand me suis-je soucié de ce genre de choses ? Jamais.

Après avoir remis un peu d’ordre dans mes idées, je replaçais ma mèche derrière l’oreille, décidant de me détendre un peu pour une fois. Que de tension depuis que je me trouvais dans ce palais. Mais il y avait tant de choses à apprendre ! Tant de choses que je ne savais pas et j’étais loin d’élucider tous les mystères ! Je continuais de l’observer silencieusement alors que celle-ci se relevait les cheveux dans la figure et les vêtements désordonnés. Voilà une personne qui se souciait peu de son apparence. On dirait un certain prince de ma connaissance. En plus de cela, elle devait vraiment penser que tout allait bien car elle me répondit, l’air gênée :

« Voi... voilà. Je suis prête. Excusez moi pour l'attente … euh... Madame. »

Je me retins de lui dire que c’était « Mademoiselle » puis la jaugeais du regard, peu convaincue par ses paroles. Elle était tout sauf présentable. Cela ne lui posait réellement aucun problème ? On se trouvait dans un palais, bon sang ! Si même moi, je devais me plier à certaines règles, il était hors de question que celle-ci n’en fasse qu’à sa tête sous prétexte que c’était une enfant. Bien que je sois supérieure à ces êtres humains, je faisais des efforts.

- ... Tu comptes vraiment y aller avec cette tête ?

Sans me préoccuper de sa réponse, je levais les yeux au ciel en sortant de la chambre, m’attendant à ce qu’elle en fasse de même.    



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Dernière édition par Famita Karan le Ven 18 Sep - 21:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Lun 14 Sep - 11:29

La jolie jeune femme qui faisait face à Eris des plus semblait agacée par le comportement de la fille des sables. Pour preuve elle leva les yeux au ciel puis laissa tomber d’un air mal aimable la phrase suivante :
«- ... Tu comptes vraiment y aller avec cette tête ? »
 
Cela fit l’effet d’une décharge électrique à l’adolescente aux yeux verts qui jeta un coup d’œil dans le miroir qui faisait face au lit.
Par les vents rouges du désert ! C’est vrai qu’elle était pale comme un linge, les yeux rougis, ses habilles en bataille. Elle n’était vraiment mais vraiment pas présentable. Que dirait le prince ?C’était  une catastrophe.
 
La demoiselle cria à sa compagne qui était sortie pour l’attendre dans le couloir :
«  Euh… vous avez raison Madame… attendez… je… je vais me changer… Pardon…»
 
Vite, Eris se rua sur sa male encore ouverte… avant de se figer indécise, sa brosse à cheveux dans les mains.
Mais que dirait monsieur Koumei si elle le faisait attendre ? On ne faisait pas attendre un prince. C’était impensable. Alors devait-elle prendre le temps de se changer quitte à arriver en retard ? ou y allait quand même et peu importe ce qu’on dira de son apparence…
La demoiselle était perdue, tiraillait entre l’envie de faire bonne impression et la terreur de se faire mal voir. Elle avait l’impression que quoi qu’elle choisisse se serait le mauvais choix.
 
De nouveau les larmes lui montèrent aux yeux. Elle était à deux doigts de pleurer. Mais vite, Eris pris une grande inspiration. Non, non, pleurer ne servirait à rien. Tant pis , en retard pour en retard , elle allait tenter de se donner meilleure mine quitte ensuite à courir dans les couloirs.
 
Cette bonne résolution prise, la fille du désert se dépêcha de mettre de l’ordre dans sa toilette puis se précipita dehors, essoufflée :
«  C’est… c’est… c’est bon… désolée pour l’attente. »
 
Avant de se mordre la lèvre inférieure :
« - Malédiction ! J’ai oublié les pierres… Excusez moi... »
 
Et de re rentrer dans sa chambre pour enfin ressortir, les bras chargés de lourdes dalles en marbre recouvertes de symboles étranges.
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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

۞ 1ère apparition : 17/07/2013

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Famita Karan
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Dim 20 Sep - 9:08

Je croisais les bras sur mon buste avant de me retourner vers la blondinette pour voir ce qu'elle allait faire. Je n'avais pas été vraiment agréable avec cette fille. Il en fallait plus pour me faire culpabiliser que d'avoir fait preuve d'un manque de courtoisie flagrant à une gamine à qui je ne devais rien même si il y a quelques instants elle était encore en train de pleurer. J'avais beau ne pas avoir totalement confiance en Koumei Ren, je ne pouvais pas affirmer que la raison de ses pleurs était justifié. Mine de rien, je venais de lui rendre un grand service. Quelle humiliation cela aurait été pour elle si elle s'était montré de cette manière au prince! Même si celui-ci n'était pas le mieux placé pour juger une personne sur son apparence... Et il était hors de question qu'on me voit dans les couloirs avec quelqu'un comme ça. J'aurais pu aussi me taire et la laisser dans cet état pitoyable devant les autres si je n'avais rien à gagner à ce qu'elle soit présentable. Elle réalisait alors de ce que je voulais parler quand elle s'observait dans le miroir avant de s'écrier:

« Euh… vous avez raison Madame… attendez… je… je vais me changer… Pardon…»

- Mademoiselle, me contentais-je de corriger pour ne pas à entendre la même erreur à chaque fois qu'elle s'adressait à moi.



Je retins un bâillement en regardant Eris se ruer sur sa malle pour prendre sa toilette, ce qui me semblait être la bonne décision avant de se figer, la brosse dans la main. Mais qu'attendait-elle? Avait-elle peur de se mettre en retard? Se souciait-elle du temps que cela pourrait lui prendre? C'est vrai que je n'avais pas spécialement envie d'en perdre pour attendre qu'elle ait terminé sa toilette. Toutefois, le fait que cette mission puisse prendre quelques temps ne me dérangeait pas plus que ça. C'était assez triste à avouer mais faire durer cela le plus longtemps possible pourrait me permettre de tuer l'ennuie. Aller dans d'autres contrées pourrait être intéressant cependant... Je dois avouer que surprendre le prince demander à voir une enfant m'intriguait quelque peu.

Il ne m'avait pas laissé complètement dans l'ignorance quand j'avais accepté de devenir sa subordonnée sinon je n'aurais jamais voulu le servir mais il avait certainement hormis quelques détails. On ne livrait pas tout à une inconnue qu'on ne connaissait que depuis sept jours. J'imagine qu'il avait ses raisons mais ma curiosité l'emportait, c'était ainsi. Je voulais en savoir le plus possible sur cet endroit. Le plus compliqué serait d'acquérir des informations avec délicatesse. Cette enfant n'était peut être pas aussi naïve qu'elle le laissait imaginer. Je dis bien peut être car la voilà qui revenait à moi, exténuée. Elle avait dû se dépêcher de s'arranger mais c'était déjà mieux.

«  C’est… c’est… c’est bon… désolée pour l’attente. »

Je commençais à marcher sans plus attendre afin d'atteindre les appartements du deuxième prince en priant pour ne pas faire de rencontres désagréables dans les couloirs quand je vis Eris retourner dans sa chambre. Je fronçais un sourcil, déconcertée. N'avait-elle pas finis?

« - Malédiction ! J’ai oublié les pierres… Excusez moi... »

Quelles pierres?

Je la regardais faire pour la voir revenir aussi vite qu'elle était repartie, les bras chargés de dalles aux symboles étranges. Je jetais un regard discret en sa direction. Je ne comprenais pas trop ce que ça signifiait.

Alors que nous avancions dans les couloirs, j'essayais d'avoir l'air la moins intéressée possible par ce qu'elle portait. La raison pour laquelle le prince Koumei voulait la voir? En tout cas, elle en avait besoin. Je ne me résolvais pas à briser le silence par des questions. Je ne voulais pas qu'elle devine à quel point j'étais ignorante. Je me sentais déjà bien assez inférieure à côté des personnes du royaume. Je n'étais pas vraiment à ma place ici. Bon, les soldats ne devaient pas avoir eu une éducation comme celle des princes non plus mais je réussis tout de même à ressentir de la gêné à ne rien savoir de la signification des symboles qu'une fillette connaissait. A première vu, elle ne semblait pourtant pas venir d'une famille royale. Sans prendre la parole, j'atteignais assez vite le bureau du prince.

Je me retins d'ouvrir la porte brutalement et sans frapper cette fois. Déjà, il y avait des gardes à côté et je ne voulais pas que ces rabat-joies viennent me réprimander pour ma mauvaise conduite. En plus de cela, il ne fallait pas oublier mon rang ici. J'avais du mal à me faire à l'idée d'être la subordonnée d'un pigeon comme celui-ci alors je pris une grande inspiration avant de frapper. Il fallait que je garde mon sang-froid même si je n'étais pas habituée à cela. Plusieurs minutes passèrent. Je restais à regarder la porte, penaude.

Soit nous avions étés tellement longues que monsieur avait eu une autre visite entre-temps soit il s'était encore endormi sur sa paperasse. Je posais mon oreille sur la porte, attitude qui pouvait paraître étrange à Eris, pour essayer d'entendre une autre voix. Aucun bruit. Pas même un léger ronflement. La fatigue avait peut être atténué mes sens. Etant pratiquement sûre que je ne dérangerai pas Koumei alors qu'il serait en pleine conversation, je commençais à approcher ma main de la poignée pour renoncer à la politesse et le réveiller.

C'est alors qu'un garde avançait vers nous. Je levais les yeux vers lui, m'apprêtant à répliquer si il venait me sermonner pour avoir tenté de rentrer sans toquer mais il n'en fut rien. Il m'informait juste que le second prince avait eu un imprévu et ne reviendrait que plus tard. Il ne nous restait plus qu'à attendre. Il fit rapidement demi-tour avant que je ne choisisse de me défouler sur lui. Je me retournais vers la seule personne qui se trouvait encore ici et me mis à pousser un petit soupir. Je ne pouvais pas me déchaîner sur une enfant qui avait l'air d'en avoir déjà assez bavé. De plus, elle n'y était pour rien.

Mais pour combien de temps devrions-nous attendre? Koumei Ren n'était pas connu pour être une flèche et je n'étais pas douée pour faire la conversation. Alors quoi? J'allais rester en face de la blonde et la regarder dans le blanc des yeux en l'intimidant? Je ne pouvais pas non plus prendre la parole en lui demandant ce qu'elle comptait faire de ces dalles car la réponse était peut être évidente. Si seulement je pouvais connaître la signification de ces symboles. Je n'allais pas assumer mes lacunes aussi facilement. Si ça se trouve j'étais destinée à ne jamais le savoir. Je tournais le dos à la gamine en maudissant intérieurement le prince de nous faire poireauter.

Peut être qu'au moins je pouvais compter sur elle pour rompre le silence qui pesait sur nous? Des mots maladroits, une idiotie... N'importe quoi. Ou le temps risquait vraiment être long pour nous deux. Je commençais sérieusement à m'ennuyer.

C'était ridicule. J'étais tellement nulle en relations sociales que je comptais intérieurement sur une pauvre enfant pour nous faire parler.



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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Ven 16 Oct - 10:24

Eris souffrait sous le poids des tablettes de marbre. Il n’y en avait que trois, mais à environs 7kilos chacune, cela faisait déjà une sacrée charge pour ses bras pas vraiment musclés. Pourtant, la jeune fille serrait les dents, puisant dans l’intégralité de sa volonté pour ne pas les lâcher et aller jusqu’au bout du chemin qui menait aux appartements du prince Koumei. Il ne fallait surtout pas s’arrêter, faute de quoi, l’adolescente savait qu’elle serait incapable de repartir avant au moins 10 minutes. Heureusement pour elle, La route n’était pas longue. Toutefois, ce périple lui sembla durer une éternité ou deux éternités.

Enfin, la demoiselle du désert et sa compagne arrivèrent devant la grande porte que la conquérante reconnut comme celle menant chez le stratège de l’empire Kou.
C’est avec une certaine reconnaissance qu’Eris vit la femme qu’elle suivait frapper à la porte. La jeune fille laissa même échapper un soupir de soulagement. Sentant ses bras trembler de plus en plus sous son fardeau, elle était heureuse de voir la fin de son calvaire.

Par malheur, personne ne vint leur ouvrir. Pire encore après quelques (interminables) minutes d’attentes, un garde vint les rejoindre pour leur annoncer que Koumei était absent et qu’il ne reviendrait que plus tard.
La saltimbanque en aurait pleuré. Elle se retrouvait maintenant là, dans un couloir froid, à attendre pour rencontrer une personne qu’elle appréciait et redoutée tout à la fois, en compagnie d’une inconnue qui semblait la détailler avec froideur, à tenir des tablettes de marbre bien trop lourdes pour elle, sans savoir combien de temps durerait cette situation. En plus l’ancienne voleuse avait le mollet droit qui la démangeait et une mèche de cheveux la gênait.

Notre Héroïneréussit à tenir sa position sans bouger durant 1 minute. Et puis finalement elle craqua. Après avoir posé maladroitement son précieux chargement à même le sol, elle put enfin se gratter à son aise, abandonnant pour le coup toute élégance. Mais ça faisait trop de bien !

Elle s’excusa tout de même auprès de sa compagne qui lui tournait le dos :
« Je suis désolée… mais je n’aurai pas pu tenir une seconde de plus. De toute façon, je me vois mal faire le planton devant la porte avec ces dalles durant des heures. Cela dérange-t-il si je les laisse là et que je m’assois à coté ? Je les ramasserai dès que monsieur le Prince arrivera. Je vous le promets. »

Sans attendre d’autorisation, Eris se laissa elle-même tomber sur le sol, se mettant en tailleur, dos au mur, pour attendre à côté des tablettes. Ça aussi elle n’était pas trop sûre que cela fasse parti du protocole mais on lui avait toujours appris qu’il fallait économiser son énergie. Alors patienter debout ou assis ne changerait rien mais ça serait toujours plus agréable et moins fatiguant de s’installer confortablement.

Pour faire la conversation, car le silence était plus que pesant, elle demanda :
" Vous... vous travaillez depuis longtemps ici?"




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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Sam 7 Nov - 11:12

Je restais droite comme un i, toujours dos à la jeune fille qui s'essoufflait à porter ses dalles. Je comprenais pas pourquoi elle se fatiguait autant à transporter des pierres aussi lourdes alors qu'il était facile de deviner que cette position était inconfortable pour elle. Les règles de politesse l'empêchait de les déposer même si ses bras ne demandaient que ça et qu'on risquait de rester là à attendre bêtement devant la porte du bureau vide donc personne ne viendrait la réprimander pour laisser ces pierres symboliques au sol. Était-ce là aussi une forme de respect quand elle évitait de se plaindre sous leur poids?

Je continuais de détourner le regard, perplexe. Si mon orgueil ne m'avais pas empêché de  le faire, j'aurais accepté de l'aider à porter les dalles mais je ne l'avais pas fait. Est-ce que mon sale caractère et mon égo insupportables étaient de bons arguments? Certainement pas mais je faisais mine de m'en satisfaire. Encore une excuse minable pour ne pas rendre service. Je soupirais intérieurement me demandant pourquoi je faisais encore ça. Si les conversations que j'échangeais avec Jasmine n'étaient pas très intelligentes, c'était grâce à elles que j'avais pris conscience qu'il était temps d'évoluer.

Je serrais mes poings sachant qu'il ne suffisait pas d'y penser pour y parvenir même si l'idée de changer ne m'étais jamais venu à l'esprit. Franchement, c'était bien beau d'être prudent en prenant ses distances avec les autres mais en quoi porter ces dagues pourrait me poser un problème? J'avais un peu fait preuve de fainéantise sur le coup. Rien ne m'empêchais d'être aimable avec la blonde même si c'était plus amusant de la laisser se débrouiller seule, je sentis un élan de pitié s'emparer de moi en sentant que la fillette ne pourrait pas rester longtemps dans cette position. Il me semblait même qu'elle tremblait. Faisait-il froid dans les couloirs? C'était possible mais je ne sentais rien avec ma couche de vêtements, noirs, qui plus est.

Eris avait encore fait preuve de respect quand elle s'était abstenu de me demander de l'aider à porter les dalles d'ailleurs. Elle ne ménageait pas ses efforts. Il faudrait que j'en fasse aussi, si je commençais par me montrer polie avec elle, ce serait plus simple pour obtenir des informations sur les tablettes qu'elle avait ainsi que la raison pour laquelle Koumei souhaitait s'entretenir avec elle.

En entendant  un bruit de rocher heurter le sol, je me retournais vivement, me félicitant d'avoir mes lames en permanence placées sur mes doigts bien que le second prince s'était méfié de moi à cause d'eux, j'étais plus rassurée de les avoir. C'était encore à cause de ma méfiance qui virait à la paranoïa. Pourquoi fallait-il toujours que je m'attende au pire au moindre bruit? La gamine avait beau retenir ses plaintes depuis tout à l'heure, elle aurait quand même réagit plus que ça si on lui avait vraiment volé ses pierres. Enfin, je devais me calmer, il n'y a personne à part moi et une Eris qui se gratte... Pardon?

« Je suis désolée… mais je n’aurai pas pu tenir une seconde de plus. De toute façon, je me vois mal faire le planton devant la porte avec ces dalles durant des heures. Cela dérange-t-il si je les laisse là et que je m’assois à coté ? Je les ramasserai dès que monsieur le Prince arrivera. Je vous le promets. »

J'avais tourné ma tête vers elle, les lèvres pincées et les sourcils levés, reprenant mon sang-froid et mon regard rempli d'incompréhension finit par redevenir neutre assez rapidement. Essayer de rendre service, d'accord, se laisser contrôler par les émotions, voilà qui m'empêchais d'agir normalement et qui me rendais suspecte.

J'arrêtais de la regarder d'un air éberlué pour lui répondre calmement, me retournant complètement pour me retrouver face à elle:

- Je comprends. Peu importe ce que tu fais de ces dalles, ça ne me concerne pas vraiment, de toute façon...

J'économisais mon temps de parole autant que je le pouvais alors qu'Eris s'était laissé tomber avant même d'entendre mon avis. De toute façon, je n'avais pas trop d'autorité sur elle. Je pouvais mépriser n'importe qui autant que je le pouvais, ça ne resterait que des pensées, étant donné que je ne faisais que servir un prince. J'observais la blonde se placer contre le mur après s'être relâché de manière plutôt amusante en me demandant si le mépris se lisait trop sur mon visage. J'avais tellement l'habitude d'être froide que j'avais tendance à effrayer certaines personnes seulement en les regardant. Pourtant, je n'avais pas l'impression d'être bien imposante.

A croire que repousser les gens était devenu une seconde nature chez moi. Je devais avoir une aura que les autres n'appréciaient pas. Cela m'attristais quelque part mais je restais de marbre avant de m'asseoir pas trop loin de la jeune fille, regardant droit devant moi.

Au fond, je me sentais un peu soulagée. Je ne m'étais pas vraiment familiarisé avec le palais, peu de jours s'étant écoulés depuis que j'étais ici, j'étais toujours mal à l'aise et même avec le temps je ne pensais pas que ma gêne s'en irait. Il n'y a aucun lieu auquel j'étais véritablement attachée, je ne savais pas non plus m'y faire avec les personnes. Mais dans ce palais, tout le monde semblait être à sa place. A part quelques exceptions peut être... Je pensais notamment à ce que Koumei me disait sur l'impératrice actuelle. C'était elle qui m'avait donné envie, si on pouvait dire ça comme ça, de m'infiltrer au palais mais je ne pensais pas que l'Empire Kou aurait des problèmes avec elle. Al-Thamen? Changer le destin? A quel point était-elle impliquée? Est-ce que parler à Eris me permettrait d'en savoir plus? Je n'en étais pas sûre...

Pour le moment, je cachais ma préoccupation, donnant seulement l'impression d'être ennuyée en fermant les yeux. J'avais la sensation d'être arrivée au mauvais moment, et c'était sans doute le cas, même si au fond je ne pouvais pas m'en vouloir si le second prince était un excentrique. Aaah... Enfin, tout ça pour dire que j'étais contente de constater qu'une gamine qui se trouvaient en possession de telles tablettes pouvait aussi ressentir de la fatigue. Je ne doutais pas qu'elle soit humaine et c'était idiot mais les gens du palais prenaient tellement soin de leur apparence et faisaient attention à tout ce qu'ils entreprenaient comme si échouer leur coûtait la vie... Eris adoptait enfin une attitude naturelle sans faire attention aux formalités et se reposait si elle le souhaitait.

Pourquoi je me laissais intimider? Si je me doutais qu'elle n'était pas aussi frêle qu'elle en avait l'air, je devais me montrer attentive au lieu de la sous-estimer. Même si c'était difficile à cause de sa maladresse, je n'avais peut être pas besoin de la voir comme une enfant... Nous ne devions pas avoir beaucoup d'années de différence. Je n'étais pas si vieille et si ça se trouve parmi toutes les personnes du palais, elle était celle qui se rapprochait le plus de mon âge.

Allez, détends-toi, cesse de maintenir une distance qui t'empêche de respirer et contente toi d'ouvrir les yeux si tu veux la connaître. Ressasser ses souvenirs permettait de passer le temps quand le silence devenait pesant mais maintenant que quelqu'un se décide à parler...

" Vous... vous travaillez depuis longtemps ici?"

Je la détaillais du regard, partie dans une petite réflexion avant de répondre. Ça ne servait à rien de mentir en faisant croire que je "travaillais" depuis longtemps ici. Je n'étais pas nulle pour le mensonge mais étant donné mes lacunes sur cet endroit, il serait évident que je venais tout juste d'arriver. Si j'avais su que le destin se jouerait ainsi de moi, j'aurais pris soin de plus me renseigner sur les Ren.
Le mot "travail" ne me plaisait pas vraiment. Je détestais l'idée d'être asservie à un prince. En plus, les termes du contrat n'étaient pas bien claires donc rien ne m'empêcherais de jouer avec les mots:

- ... Non. Ça fait moins d'un mois que je suis ici. Et on ne peut pas vraiment dire que je "travaille", c'est un peu compliqué...

Je ne savais pas si il était nécessaire que je m'éternise là-dessus. Certainement pas. Il y aurait trop de choses ambigus dans ce qui était convenu avec le prince pour que la blonde les comprenne et je n'avais pas envie qu'elle sache qu'il me faudrait encore du temps pour me faire accepter par Kouen Ren. Je ne sais même pas si il m'acceptera. Comme je l'avais déjà dis, ce n'était pas comme si j'étais attachée au palais alors ce ne serait pas si grave.

Je m'empressais de poser aussi une question à Eris pour qu'on arrête de parler de mon cas:

- Et toi? Est-ce que tu travaille vraiment ici?

Je ne savais pas si j'avais réussis à me débarrasser de la once de méfiance dans mon regard. Une chose est sûre, on pouvait sentir que c'était surtout la curiosité qui l'emportait dans le ton de ma voix. Je crains m'être montré trop franche.



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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Mar 17 Nov - 12:18

L’ancienne voleuse frissonna quand elle sentit le regard de l’inconnue se poser sur elle pour la détailler de fond en comble. Avait-elle posé une question indiscrète ? Peut-être. Mais comment aurait-elle pu savoir qu’une interrogation aussi banale pourrait vexer quelqu’un ? Devait-elle faire des excuses ?
Avant même que sa compagne ne lui ai répondu, Eris se faisait déjà tout un film, imaginant les pires scénarios qui allaient quand même jusqu’à se faire dévorer vivante par des crocodiles (bien qu’elle ne soit pas tout à fait sûre qu’il y ait des crocodiles à Kou)
C’est pourquoi, la rouquine sursauta presque quand enfin, la jeune femme lui répondit d’un ton sec:
« - ... Non. Ça fait moins d'un mois que je suis ici. Et on ne peut pas vraiment dire que je "travaille", c'est un peu compliqué... »

Ouf. Elle ne finirait pas décapité ou transformée en épouvantail humain suite à son innocente demande.
En plus, le dialogue était engagé. C’était une bonne chose en soi.
« - Et toi? Est-ce que tu travailles vraiment ici? »

Eris réfléchit quelques instants avant de répondre, un petit sourire timide sur les lèvres :
« - Non… on ne peut pas dire que je travaille vraiment ici, ... du moins pas vraiment... je n'ai pas de statut propre... Disons que je rends des services à Monsieur le premier Prince et son frère. Pour faire simple...»

Comme personne ne lui avait dit quel titre donner à Kouen et Koumei, la fille du désert continuait à les appeler messieurs les princes.
« - C’est pour moi aussi un peu compliquée. Cela nous fait un point commun ^^»

Elle se frotta l’arrière de la tête dans un geste qui la faisait décidément ressembler à Alibaba quand il était anxieux. S’en rendant compte, L'adolescente se figea , songeant avec inquiétude à la situation de son prince. Où était-il à cet instant même allait-il bien ? Oui sans doute. Du moins, elle ne pouvait que l’espérer.
Eris soupirât , se calant contre le mur et regardant le plafond , avant de nouveau de tourner son regard émeraude vers la demoiselle qui l’accompagnait :
« Excuse moi. Avec toute cette précipitation , je ne t’ai même pas demandé ton nom. Comment t’appelles tu ? »


Naturellement, la saltimbanque venait de passer au tutoiement. Allait elle se faire vertement remettre en place par l'inconnue?
En tout cas, la conquérante de donjon ne s'en était même pas aperçut. Elle jouait distraitement avec l'anneau à son doigt , ne pouvant s'empêcher de songer de nouveau à alibaba.
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Famita Karan
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Dim 29 Nov - 19:04

Lorsque mon regard croisait celui d'Eris, je me rendis vite compte qu'elle s'était mis à frissonner à ce moment-là. Je la déstabilisais, encore une fois. Je ne savais même plus comment je faisais ça. J'avais juste tenté de prendre un air détaché étant donné que c'était la première fois que je répondais à une question sans avoir à y réfléchir, sans que ce soit un véritable casse-tête pour moi de savoir si je devais dire la vérité ou non dans cet endroit. Pour une fois que la solution la plus simple était de ne pas cacher ce que j'étais. Ma réponse avait encore été trop sèche, apparemment. Je ne savais faire que ça. C'était un véritable handicap par moment. C'est vrai que l'idée de faire trembler quelqu'un m'amusait un peu mais à force ça devenait lassant. J'aimais bien impressionner les autres, peu importe qui ils étaient mais ne pas avoir une conversation normale avec une personne détendue pouvait devenir insupportable. J'avais horreur qu'on me méprise ou qu'on me sous-estime mais les gros durs qui faisaient peur aux plus faibles en faisant un regard de fou furieux... Quelle bassesse. Ce concept ne me plaisait pas. Et je ne voulais pas qu'Eris, même si c'était une enfant et que je la connaissais à peine, pense que je l'emploie. Qu'elle ne se méprenne pas trop à mon sujet non plus.

C'est alors qu'une éventualité à laquelle je n'avais pas songé me vint. Si cela se trouve... Elle me détestais? Je sais, ça paraissait ridicule et idiot sur le coup de détester une personne qu'on connaissait à peine. Malgré le fait que je reconnaissais moi-même que cette attitude était stupide et injustifiée, c'est celle que j'adoptais à chaque fois. Certes, au début je l'adoptais pour garder mes distances avec les autres mais au bout d'un moment la vue de beaucoup de personnes a vraiment finit par m'insupporter. Certaines ont même bien faillit me détrôner dans le classement des êtres que je détestais le plus. Enfin... Mon cas mis à part, ce ne serait pas la première fois qu'on entend parler de deux personnes pour lequel le courant était mal passé.

Il n'y aurait rien d'étonnant, d'ailleurs. Je n'étais pas quelqu'un de très patient et la maladresse ainsi que les sursauts de cette fille pourraient vite me lasser. Elle devait en avoir assez, elle aussi. Qui apprécierait que quelqu'un vous réponde sur un ton froid à chaque fois que vous vous adressiez à lui et qui semblait vous mépriser quoi que vous fassiez? Personne. J'étais peut être un peu trop négative là. Pas grand monde, disons.

Pourquoi cela me donnait l'impression que j'étais encore plus seule que je ne l'étais déjà? Il n'y avait pas de quoi se morfondre. Ce ne serait pas la première fois qu'une personne ne me supporte pas. La vraie question était plutôt pourquoi j'étais encore ici ?

Je ne voyais pas trop l'intérêt qu'il y aurait à soutirer des informations à la blonde. Plus tard, j'aurais sans doute des regrets de ne pas avoir découvert quelle valeur avaient ces tablettes, histoire d'enrichir ma culture mais ce ne serait pas trop grave. Si j'avais voulu avoir sa confiance juste pour une petite information comme ça c'était surtout pour tuer l'ennuie.

Tant que j'y étais, je pouvais bien la laisser seule devant le bureau. Ce ne serait pas très sympathique de filer sans prévenir mais je n'étais pas obligée de rester avec elle. Elle savait comment s'y prendre avec les princes, non? Bon, c'était une gamine, je ne voudrais pas avoir une mort sur la conscience... N'exagérons rien ! La blonde saura très bien se débrouiller ! J'en suis persuadée, hé hé... C'est exactement pour ça je reste plantée là. Tout ce que j'ai fais, c'est de me lever. J'avais envie de m'en aller mais si je le faisais, elle penserait peut être mal avoir compris le message et pourrait aussi se retirer. Le second prince serait bien embêté de constater que personne ne l'a attendu. Je m'en fichais un peu.

Autre chose me tracasse. Pourquoi est-ce que je m'en irais? ... Mais je viens de me le dire! Que de contradictions en si peu de temps ! Je n'ai pas les idées claires, ce doit être l'influence de ces couloirs. Il faut vraiment que j'y aille. C'est sur un pas hésitant que je m’apprêtais à le faire pour de bon quand la voix de mon interlocutrice parvint à mes oreilles comme pour me sortir d'affaire:

« - Non… on ne peut pas dire que je travaille vraiment ici, ... du moins pas vraiment... je n'ai pas de statut propre... Disons que je rends des services à Monsieur le premier Prince et son frère. Pour faire simple...»

J'en avais presque oublié cette question avec ma bêtise. A part le mouvement de recul que venait d'avoir ma jambe, rien ne laissait savoir que j'avais cherché à partir. Et je ne pensais pas qu'Eris soit suffisamment subtile pour remarquer ce genre de choses. Finalement, elle avait répondu plutôt rapidement. Cependant, sa réponse était assez dubitative.

« - C’est pour moi aussi un peu compliquée. Cela nous fait un point commun »

A l'entendre, cette fille était aussi perdue que moi quand on lui demandait qu'étaient ses fonctions au palais. J'étais pourtant persuadée qu'elle était assez proche des princes et qu'elle savait où elle en était. Ou elle n'est arrivée que peu de temps avant moi? Je ne m'attendais pas à ce qu'on soit dans le même bateau, en tout cas. J'avais même finis par me sentir seule. Je me mettais dans tout ces états pour un rien. J'avais honte de m'être imaginé des choses en m'emportant et en m'éloignant de la réalité. Ce n'est pas comme ça que j'arriverais à être active dans une conversation. Il valait mieux que je m'entraîne à paraître plus aimable pour ne pas intimider Eris une nouvelle fois.

Gênée, elle l'était toujours mais elle paraissait moins effrayée. En même temps je trouvais ça plus que probable que cette gamine soit du genre à se faire des frayeurs toute seule. C'était bien de reconnaître mes tords mais il ne fallait pas oublier que les autres avaient aussi des défauts. Et dire que certains arrivaient à croire que j'étais une personne hautaine. Ça se voit bien qu'ils ne me connaisse pas. D'un côté, je n'allais pas les forcer à me parler.

Cela ne se voyait pas à l'extérieur mais j'étais aussi confuse qu'elle. En fait, on avait deux points communs. J'avais pour habitude de ne pas me comparer aux autres humains pour ne pas me sentir encore plus mal ou pour ne pas admettre que ce sont, comme moi, de merveilleux déchets. Là, ce n'était pas trop déplaisant. Je pouvais reconnaître que j'avais une âme d'enfant alors me trouver des ressemblances avec une fille plus jeune que moi ne me choquais pas.

« Je vois. Même si contrairement à toi, je ne rends service qu'à un seul prince. D'une manière officielle, ça rend ma fonction plus difficile à définir... »

C'est peut être à cause de ça que j'avais tout le temps de m'ennuyer. Je ne pensais pas avoir d'ennuis avec ça avec un contrat qui assurait ma liberté. Si je n'étais pas contente, je pouvais toujours revenir en arrière, me direz-vous, mais il était hors de question que je fasse ça.

Je n'avais pas pu m'empêcher de sourire en disant cela. Non parce que je m’efforçais de me montrer amicale. Sur le coup, ça m'avait semblé logique de sourire en voyant que mon interlocutrice en faisait de même. C'était pourtant plus mon genre de regarder les autres avec mépris lorsqu'ils faisaient ça. Pas aujourd'hui. Je sens que je ne pouvais pas me permettre d'observer la blonde avec un air glacial ou j'en mourais. Je ne voulais pas la troubler ou un petit bout de mon cœur allait se briser. J'en tremblais rien que d'y penser. Qu'est ce qui me rendait aussi sensible?

Ce n'était pas parce que je m'étais résolu à évoluer que je réagissais d'une façon aussi inhabituelle. J'avais toujours eu du mal avec les personnes, encore plus quand elles étaient mignonnes. SURTOUT QUAND ELLES ÉTAIENT MIGNONNES ! Quand il s'agissait d'un être humain, je n'avais qu'à me montrer désagréable avec lui pour qu'il me fiche la paix comme ça je pouvais espérer qu'il finisse par partir pour ne pas à m'attacher à lui ou à me retrouver blessée par ses paroles mais s'il se montrait adorable je ne pouvais rien faire. J'allais même juste à lui pardonner de l'être plus que moi.

Ce sourire timide et rempli de maladresse... Mon cœur se retrouvait menacé par tant de candeur et de pureté. Mon corps s'efforçait de rester tranquille pour ne pas que je l'enlace ! En temps normal, j'avais tendance à fondre devant les filles plus jeunes que moi et qui ne se montraient pas insolentes, bien sûr. Se retenir était vraiment difficile. A croire que la blonde ne se rendait pas compte à quel point elle était chou.

Heureusement que j'étais trop habituée à cacher mes émotions, surtout la joie sinon je ressemblerais à toute ces cruches qui se dandinent en s'écriant "Trop choupinette! Appelle-moi grande sœur! Kyaaa!" avant de serrer les pauvres filles dans leurs bras au point de les étouffer. Il n'y avait pas moyen que j'arrive à ce stade. N'étais-je pas censée ne prêter attention qu'à moi? Je vérifiais qu'un sourire niais ne s'était pas étendue sur mes lèvres en posant ma main sur celles-ci et en m'obligeant à garder l'air le plus neutre possible. Espérons que je ne m'étais pas mise à rougir. Ça, j'avais du mal à le savoir.

Pendant ce temps, Eris se frottait l'arrière de la tête, anxieuse. Inutile de dire que ça la rendait encore plus chou. Il était temps que je laisse mon épanouissement de côté car celle-ci avait l'air inquiète.  Est-ce son entrevu avec le prince Koumei qui la rendait soucieuse? Je n'en étais pas sûre...

Cette supposition n'était pas improbable pourtant. Je l'avais bien retrouvé débraillée, paniquée et en pleurs lorsque j'avais ouvert la porte de sa chambre alors qu'elle s'apprêtait à voir le prince. Mais elle avait bien le temps de se calmer et de souffler pour mieux réfléchir à ce qu'elle allait lui dire maintenant qu'il nous restait du temps, non? Elle pourrait se sentir soulagée. Pour une fois que je ne faisais rien pour rendre l'autre mal à l'aise.

Vu la façon dont elle se figeait, j'étais presque prête à parier qu'elle venait de trouver une autre raison de s'inquiéter.

Pourquoi est-ce que je me faisais du souci pour elle? Si elle avait des problèmes, elle pouvait les gérer. Je ferais mieux de m'occuper de mon propre cas. Enfin, je n'avais aucune raison de faire preuve d'aussi peu de considération.  Ce n'était pas non plus pour ça que j'allais la harceler de questions et lui demander ce qui la préoccupait. Je n'étais qu'une inconnue pour elle et je n'allais pas facilement vers les autres. Ça paraîtrait bizarre.

Après avoir soupiré et s'être calé contre le mur, elle me regardait de nouveau pour me demander :

« Excuse moi. Avec toute cette précipitation , je ne t’ai même pas demandé ton nom. Comment t’appelles tu ? »

Je haussais les sourcils en regardant Eris. Je n'étais pas offensée mais plutôt surprise qu'elle emploie le tutoiement. Rien ne l'interdisait de le faire, j'avais été la première à mettre les formalités de côté. J'étais quelqu'un de nature insolente mais ça m'étonnais un peu que la jeune fille se décontracte aussi vite en ma présence. Je n'étais pas une cause perdue, à ce que je vois. Ou alors le fait de nous avoir découvert un point commun l'avait incité à se rapprocher de moi? Oh oh...

Puis la voir jouer avec son anneau sans se rendre compte de son "erreur". Quelle naïveté touchante... Une autre en aurait prit pour son grade.

« Je m'appelle Famita mais tu n'as pas besoin de retenir ce prénom, on risque de ne pas se recroiser.»

Je ne disais pas ça pour la blesser ou par méchanceté. Ce n'était pas pour lui dire que je préférais l'éviter mais je n'étais pas sûre de rester. Kouen Ren n'avait pas l'air commode pour accepter la première voleuse venue comme subordonnée de son frère. Peut être même croirait-il qu'il ait perdu la tête?  On serait deux à le penser. Je redoutais presque le premier prince. Je n'allais pas tarder à me faire expulser du palais.



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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Lun 14 Déc - 14:24

Le haussement de sourcil de l’inconnue fit comprendre à Eris son erreur.

Bon sang, comme d’habitude, elle en avait oublié les règles de bonnes conduites et venait de tutoyer allégrement cette personne qu’elle ne connaissait pas. Décidément, la saltimbanque ne se ferait jamais au protocole. C’était peine perdue. Mais que voulez-vous… au vue son éducation, plus que chaotique, ce n’était pas chose aisée que d’apprendre les lois d’un monde jusque-là inexploré. Qui plus lorsque la scène se déroulait dans un pays étranger et doté d’un florilège de règles de bienséance aussi nombreuses que parfois absurdes.

Et puis l’ancienne nomade devait se l’avouer : elle ne connaissait pas cette demoiselle, mais l’appréciait déjà un peu. Elle avait l’impression d’avoir à faire à une vieille connaissance perdue de vue depuis longtemps. Ou bien à une camarade d’infortune embarquée dans la même galère qu’elle et se demandant jusqu’où cette étrange aventure pouvait les mener. Une consœur, en quelque sorte.

C’est pourquoi, au final l’adolescente trouvait cette présence presque réconfortante.

Mais Eris n’avait rien de concret pour confirmer sa thèse. L’autre avait tous les droits de la rabrouer.
Heureusement, son interlocutrice ne sembla pas plus se formaliser que cela de son manque de correction . Elle lui répondit, ce qui finit complétement de mettre la fille des sables en confiance :
« Je m'appelle Famita mais tu n'as pas besoin de retenir ce prénom, on risque de ne pas se recroiser.»

Avec toute sa candeur l’ancienne voleuse regarda la dénommée Famita. Ses deux grands yeux émeraude étaient ronds comme des soucoupes :

« Pourquoi ? Tu ne comptes pas rester ? »

Puis la jeune fille sourit attendant sa réponse avant de soupirer, réalisant qu’elle-même ne pouvait dire si elle aurait l’occasion ou pas de recroiser la brune:
« Après, pour moi c’est pareil… demain ou après-demain je repars pour Quishan. Et peut-être cette fois pour de bon. Cela dépendra de ce que dira Messieurs les princes Kouen et Koumei. »

La fille des sables eut un gros soupir. Elle posa son menton sur ses genoux et entoura ses jambes de ses bras.

« C’est compliqué la vie, hein ? »


l'adolescente regarda devant elle, sans vraiment voir le mur qui barrait son champs de vision. elle semblait perdue dans ses pensées. Ailleurs. Enfin , comme se réveillant , elle sourit de nouveau à Famita. C'était chaleureux et plein de douceur:
"En tout cas , quoi que nous réserve le destin , je suis sûre que nous serons appelée à nous revoir. Mets ça sur le compte de l'intuition."

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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Sam 26 Déc - 23:49

Je regardais le mur devant moi, confuse. Je ne savais pas quand viendrait le moment où je rencontrerai enfin Kouen Ren, ni quel jour, mais quoi que je fasse et quoique je dise, ça allait sans doute mal finir. J'avais beau appréhender cette rencontre, ça ne risquait pas d'être pour tout de suite, chose qui devrait me rassurer car cela prolongeait ma vie assez confortable au palais mais je me doutais bien que cette illusion ne faisait que repousser l'inévitable. Je ne pouvais pas en profiter et n'attendais que mon heure. Pour le moment, j'avais conscience que le premier prince était déjà bien assez pris par ses affaires actuelles et celles qui l'occupaient depuis plus longtemps, bien avant que je n'arrive ici. Et voilà que je débarquais, l'air de rien, sortie de nulle part. Son frère avait un peu décidé de tout ça dans son dos. Bien que je ne pensais pas que cela fasse partie de ses habitudes, j'étais persuadée qu'il ne lui en avait pas touché un mot. Il devait avoir une bonne raison de vouloir me cacher.

Son aîné n'approuverait sans doute pas cela. Et il n'aurait pas tord. Alors c'est comme ça que ça allait se passer... Un jour où je n'aurais pas de chance, Kouen finira bien par connaître mon existence, il me convoquerait peut être, même si je ne pense pas qu'il se donne lui-même la peine de venir me voir -je me convainquais que mes suppositions étaient toujours exactes alors que je ne faisais que juger les autres-, il me demanderait qui je suis et pour quelle raison il garderait une enfant insupportable au palais. Je hausserai les épaules avec désinvolture car j'aurais pris le temps de me résoudre à l'idée de mourir s'il le fallait, du moins j'espérais que je serais prête si j'étais condamnée. Il ne prendrait pas le temps de s'occuper d'une vulgaire gamine comme moi et sa minuscule envie de faire des efforts lui passerait en découvrant à quel point je pouvais être insolente. Inutile de gâcher sa patience pour une femme qui n'avait rien à faire là, de toute manière. Quoique la raison pour laquelle Koumei m'avait voulu, moi, au caractère pourri, à ses côtés l'intriguerait peut être. Mais une fois qu'il s'avouera qu'il n'y avait rien d'exceptionnel en ma personne, à part mon incapacité à dire quelque chose d'agréable à mon interlocuteur sans risquer de m'étouffer, il se débarrasserait de moi comme d'une poussière sur son bureau.

Que je disparaisse de la terre ou que je sois hors de sa vue, cela l'importerait peu. Je ne suis qu'un petit obstacle sur la route de chacun qu'il suffisait de contourner pour être tranquille. Mes paroles et mes actions n'avaient pas plus d'impact que celles d'un esclave. Je prévoyais déjà tout ça. Je ne cherchais même plus à m'en sortir ni à lutter contre ce qui m'attendais. J'étais négative mais il y avait une part de réalisme dans mes propos. Kouen était un prince, après tout. Je n'étais qu'une petite voleuse. Il me prendra de haut, quoi qu'il advienne.

Enfin, cela pouvait encore attendre. Le jour où le rouge s'adressa à moi n'était pas prêt d'arriver et je pourrais passer toutes mes nuits, éveillée, redoutant ce moment. Je n'étais pas du tout pressée. J'avais au moins un peu de répit. Je devais probablement me tromper quand je disais à Eris qu'on ne risquait pas de se recroiser. Si elle est encore là demain, il y a de fortes chances que je la croise. Je ne suis même pas sûre d'avoir le temps de faire une escapade avant que je ne quitte le palais. Vu le temps que je traînerais dans les couloirs, loin du rouge, à chercher quoi faire, il resterait une chance que je tombe sur elle. Une chance sur deux. Si elle n'avait pas à faire de son côté, non plus.

Avais-je envie de la revoir?

« Pourquoi ? Tu ne comptes pas rester ? »

Encore une question posée en toute innocence. Je me mis à sourire doucement, pour la deuxième fois de la journée. Je ne pouvais avoir qu'une expression paisible au visage en voyant ses yeux s’agrandir de cette manière. Je m'étais surprise en train d'essayer de percer de la déception dans sa voix. Rien de cela. Pourquoi regretterait-elle de ne plus me voir? J'en espérais trop. Parfois les gens pouvaient nous surprendre et j'étais sûre de voir Eris se détendre de plus en plus en ma présence. J'en oubliais les informations mais j'avais presque atteins l'un de mes deux objectifs, sans m'en rendre compte.

Je me doutais qu'Eris s'était aperçu qu'elle était passée au tutoiement, pourtant si elle n'avait pas cherché à se montrer plus familière avec moi avant d'employer le "tu", elle continuait d'aller dans ce sens. Et elle n'avait pas à attendre de commentaire de ma part. Sans chercher à éviter son regard  ou à le soutenir avec arrogance, je sentais mes épaules se relâcher, apaisée. La barrière qui se trouvait entre nous était certainement toujours présente mais ce ne sera qu'une question de temps avant qu'elle ne tombe.

C'était grotesque de penser ça juste parce que sa manière de parler était différente et parce que j'avais changé d'attitude à son égard enfin... J'avais au moins une raison.

Je regardais de nouveau droit devant moi sans répondre à sa question. Je lui avais pourtant bien montré que je l'écoutais mais je ne voyais pas l'intérêt de répondre si c'était encore pour dire "c'est compliqué..." . Elle allait probablement se dire que tout semblait compliqué avec moi. Qu'en plus d'être une fille ennuyante, je n'étais pas digne de confiance. Et elle aurait raison.

Je ne pouvais clairement pas lui dire que soit il y aurait de fortes chances qu'elle entende de nouveau parler de moi parce que j'aurais été chassée du palais par le premier prince pour la simple et bonne raison que je n'avais rien à faire là soit je serais loin d'ici dans une semaine, demain, tout à l'heure, car le contrat qui me liait à Koumei Ren était assez particulier et me permettait d'avoir plus de liberté qu'une simple subordonnée. Elle aurait peut être imaginé plein de sous-entendus et ça je ne l'aurais pas supporté. Quoi que vu sa bouille toute mignonne, je doute qu'elle s'imagine des choses louches.

Pour le coup, je n'avais plus rien à dire alors je me contentais de reprendre une expression neutre et le masque d'une femme froide par la même occasion. Ça resterait cohérent que je refuse de divulguer plus d'informations sur mon compte. Si j'avais été comme d'habitude, j'aurais pensé que j'en avais trop dit et je finirais pas me taire.

En tout cas, la blonde, bien qu'elle paraissait attendre une réponse de ma part, finit par sourire avant de soupirer:

« Après, pour moi c’est pareil… demain ou après-demain je repars pour Quishan. Et peut-être cette fois pour de bon. Cela dépendra de ce que dira Messieurs les princes Kouen et Koumei. »

Ainsi, nous avions un autre point commun? Rien qui ne me perturbe, heureusement. Je n'aimais pas trop avoir des points communs avec d'autres personnes, n'ayant pas une aussi haute estime de moi que je m'efforçais de croire. En même temps, les seules ressemblances qu'il existait entre nous deux étaient notre statut indéfini au palais et le fait que nous nous déplacions... Mais pour Qishan!?
Je laissais échapper un soupir et répondis, indolente:

« Ah, Qishan, ça fait longtemps que j'y suis allée... Je me demande si les choses ont évolué là-bas... Enfin, j'imagine qu'un petit pays comme celui-ci ne doit pas connaître de grands changements... »

Au moment où Eris se mit à soupirer pour la seconde fois, ce qui me fait supposer que les négociations qui lui permettront de retourner à Qishan avec le premier prince s'avèrent être laborieuses , je lui jetais un coup d’œil intéressé:

« Tu es originaire de là-bas ? »

Je lui avais demandé ça avec une facilité qui me déconcertais moi-même. Depuis quand étais-je capable de parler aussi facilement à quelqu'un? Depuis quand ça ne me dérangeais pas de laisser ma réputation de fille arrogante de côté pour montrer mon intérêt pour les autres? J'avais sortis ça si naturellement... Quelque part, ne plus avoir la gorge qui se serre quand on échangeait quelques mots avec quelqu'un était assez agréable. En présence de cette fillette, je commençais étrangement à me sentir bien. Bien, c'était le mot. Je laissais échapper un soupir d'aise. Elle devait se demander ce qui m'arrivait.

J'arrêtais de me tenir droite et m'appuyais contre le mur en gardant une certaine malice dans le regard. Je m'évadais pendant un moment dans mes songes en attendant que la blonde ne me réponde.

Est-ce que je me sentais nostalgique en parlant de Qishan? Je ne sais pas trop. Ce pays ne m'avait pas manqué jusqu'à là. Mon sentiment à son égard n'avait pas changé. C'était à cause d'un événement qui avait eu lieu peu de temps après ma naissance que mon caractère de merde s'était formé, après tout. Je n'allais pas remercier cet endroit pour ça. Rien ne me disait qu'un autre pays aurait été plus indulgent que Qishan. Il aurait fallut que je retourne en arrière pour le savoir. Enfin, j'y avais eu de bonnes rencontres si on pouvait vraiment définir Cynron comme une "bonne rencontre"...

Je ne sais pas si c'était parce que je m'étais profondément ennuyé là-bas mais tout ce que je retenais de ce pays était l'esclavage, chose qui existait aussi à Kou. Je ne pouvais pas trop m'en vouloir non plus. Il n'y avait rien de remarquable à retenir de la part d'un petit pays comme Qishan. Le commerce marchait bien quand j'y étais même si ça n'a pas suffit à retenir mes parents adoptifs. L'ancien dirigeant est Jamil mais ça fait belle lurette qu'on a cessé de parler de lui. Maintenant impossible de savoir où ce pays en était. Peut être que quelques petits changements s'étaient fait en notre absence... Pourquoi ne pas demander à Eris? Hé c'est vrai ça pourquoi devait-elle se rendre à Qishan?

Je baissais les yeux pour ancrer mon regard dans le sien. Je n'allais rien ajouter pour le moment. Pas parce que j'avais posé trop de questions à mon goût puisque quand l'envie m'en prenais, je pouvais parler sans m'arrêter. Difficile à croire dit comme ça. Pourtant j'avais conscience de ce fait. Soit je répondais aux questions de la manière la moins polie qu'il existe soit je partais dans des sujets qui n'avaient rien à voir avec celui de départ. Meilleur moyen pour que mon interlocuteur en sache plus sur moi et ça ce n'était pas concevable.

Surtout que la demoiselle avait aussi quelque chose à me dire:

« C’est compliqué la vie, hein ? »

Fit-elle en entourant ses jambes de ses bras. J'étais définitivement persuadée que cette fille était comme moi. Dire que je m'imaginais que son rang se rapprochait de celui d'une princesse. Elle ne faisait que travailler pour les deux princes... Ce qui me fit penser qu'elle retournait peut être à Qishan pour y revoir sa famille ou des amis à elle. Alors que j'espérais approcher de la vérité, j'étais encore loin du compte.

Pourtant je ne pouvais pas m'empêcher de croire en cette possibilité avant d'avoir la réponse. Les conditions qui m'avait poussé à accepter l'offre de Koumei prenaient en compte ma liberté donc j'oubliais facilement que les autres subordonnés ne pouvaient pas voyager aussi librement sans l'accord de leur prince ou pour une bonne raison qui engageait une mission, par exemple. Mais Eris avait dit que son rôle était aussi difficile à définir que le mien... Je n'avais pas cherché à en savoir plus puisqu'elle ne m'avait pas importuné en me posant plus de questions.

A la place, je me contentais de répondre calmement:

« C'est bien vrai... Enfin, ce serait beaucoup moins drôle si elle était facile. »

En disant cela, je lui avais souris, confiante. Tiens, ma réponse à cette question toute bête était plutôt contradictoire. Après tout ce qui m'était arrivé à l'Empire Kou, j'aurais dû regretté une vie banale et reposante. C'est vrai que je n'avais pas fait la fière quand Altair et Jasmine avaient remis en cause ma façon de voir les choses, involontairement, ou même quand les gardes m'avaient compressé le bras pour finir dans le bureau d'un prince bien étrange... Maintenant que j'y repensais ça m'amusait.
Oui, j'étais susceptible et se faire embêter autant de fois dans un tel pays avaient plus réussis à me faire grimacer que rire sur le coup. Ça ne m'empêchais pas de repenser aux journées qui me semblaient trop longues à Qishan. Qu'est ce que je m'ennuyais... En allant dans d'autres pays j'espérais trouver un donjon, pour y mourir ou pour le conquérir mais aussi pour sortir de cet ennuie.

J'avais eu ce que je voulais, c'était le cas de le dire. Ah... Je ne pourrais pas regretter de m'être pris la tête avec ces personnes.

"En tout cas , quoi que nous réserve le destin , je suis sûre que nous serons appelée à nous revoir. Mets ça sur le compte de l'intuition."

J'arquais légèrement un sourcil. Je tardais un peu à répondre puisque l'envie de m'étirer était devenu trop forte. Je retins un bâillement, me rappelant soudainement que j'avais passé une nuit blanche. Je luttais intérieurement contre la fatigue et tournais de nouveau ma tête vers Eris.

«  Dans ce cas, je vais faire confiance à ton... Intuition. »

Mon sourire disparu à cet instant. Je cachais ma gêne sous un air narquois. Je ne savais pas quoi penser des propos de mon interlocutrice. Je ne croyais pas au destin et je ne pouvais pas juger son intuition, ne la connaissant que trop peu mais... Appelés à nous revoir? Cela voulait dire qu'il y avait une chance pour qu'elle m'apprécie? Non, c'était impossible. Peut être voyait-elle ça comme un événement qu'elle ne pouvait éviter, malgré elle.



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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Ven 15 Jan - 15:18

La demoiselle avec qui conversait la nomade semblait se détendre de minutes en minutes. Eris vit même un joli sourire se dessiner sur ses lèvres lorsqu’elle lui demanda si elle comptait rester. Notre ancienne voleuse réalisa qu’il n’avait en fait pas besoin de réponse orale à cette question. Son cas devait être aussi alambiqué que le sien et les deux demoiselles se comprenaient sans se parler.

Sans compter qu’à l’énoncer du nom de « Quishan » , l’attention de Famita augmenta d’un cran à tel point quel demanda (trop rapidement pour que ce ne soit pas spontané) :

« Ah, Qishan, ça fait longtemps que j'y suis allée... Je me demande si les choses ont évolué là-bas... Enfin, j'imagine qu'un petit pays comme celui-ci ne doit pas connaître de grands changements... Tu es originaire de là-bas ? »


Ce fut au tour de l’acrobate d’offrir un sourire silencieux à son interlocutrice. Ça valait toujours mieux qu’un énième « C’est compliqué » , non ?
Puis la conversation suivit son cours, jusqu’à qu’un malaise s’installa lorsque Eris parla du fait qu’elle était sûre de revoir la jeune femme quel que soient les chemins qu’elles choisiront de prendre respectivement.

L’adolescente scruta l’air sombre de son interlocutrice, un peu surprise. Avait-elle été maladroite ? Peut-être que cette fille la trouvait un peu trop envahissante ou bien naïve de parler ainsi ? Si ça se trouve, en fait, la petite rouquine l’agaçait et elle ne souhaitait en aucun cas la revoir.

Un silence s’installa dans le couloir. Gênée, Eris ne savait plus quoi dire. Une patrouille de soldats passa. Puis une deuxième. On pouvait entendre leurs pas cadencés qui s’éloignaient.

Que faire ? Que dire ?
Bravement , la détentrice d’un djinn tenta de briser la glace. Elle demanda :
« Tu connais bien Monsieur le deuxième prince ? Il… il a l’air gentil. »
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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Ven 12 Fév - 0:00

Je rentrais mon menton dans mes bras qui s'étaient enroulés autour de mes genoux. Je ne savais pas quoi dire. Ça y est, je redevenais gênée et les sujets de conversation me manquait. Maintenant que je n'étais plus concentrée sur les mots, je remarquais le changement d'atmosphère. Et je ne savais pas quoi en penser. Je n'étais pas vraiment sûre de ce que j'avançais mais une connexion était bien en train de se faire entre Eris et moi, là? J'ignorais s'il s'agissait là d'une illusion que ma solitude était en train de créer pour se jouer de moi mais si tel était le cas, ça faisait effet. Et j'avais horreur de ça. Mais je n'en montrais rien et conservais mon air calme tout en joignant mes mains, faisant mine de les réchauffer alors que je pouvais à peine sentir le froid, afin de me déstresser.

Ce n'était pas la faute de cette jeune fille si j'étais troublée, après tout. Je ne saurais décrire ce sentiment mais même si je sentais que je n'avais aucune raison de le craindre, je ne parvenais pas à l'accepter pour autant. Est-ce que j'ai rêvée ou une complicité était vraiment en train de se faire entre elle et moi? Non, je devais me tromper. Nous avions toutes les deux respectée la vie privée de l'autre, il n'y avait rien de plus. Je relevais la tête de mes genoux, complètement sonnée. Mais oui! Ça ne pouvait être que ça! Qu'est ce qu'il m'avait pris? Un peu plus et je m'étais imaginé me rapprocher d'Eris aussi facilement. Il fallait que je me reprenne.

Pourtant la blonde ne semblait pas mentir. J'avais une bonne intuition pour me rendre compte de ce genre de choses, en général. Soit j'avais affaire à une experte en l'art de la manipulation et dans ce cas je me sentirais honorée d'avoir pu échangée quelques mots avec elle, même si j'avais horreur de me faire manipuler, soit ce n'était pas dans ses habitudes d'inventer des histoires. Ou alors elle s'était rendue compte de mon incompétence en tant que pion avant même que je n'ai ouvert la bouche et elle avait préférée avoir une conversation normale avec moi, car on était coincées toutes les deux dans la même pièce.

Je me mis à soupirer. La demoiselle pouvait toujours interpréter cela comme la manifestation de mon ennui à perdre du temps avec elle. Déjà que ma réponse peu enjouée à ses derniers mots avait suffit à faire naître un nouveau silence. J'avais vraiment le don pour jeter des froids. Toutefois, j'avais l'impression que mon interlocutrice se méprenait sur mes sentiments. Quelque part, j'étais rassurée de ne pas être aussi facile à décoder.

J'étais juste incapable de deviner si elle misait son intuition sur la chance ou sur la miséricorde. Car je n'avais rien à faire du destin. Je ne croyais pas naïvement que plusieurs événements ne pouvaient être que des coïncidences mais j'avais du mal à admettre que tout était déjà écrit là-haut.

Quoi qu'il en soit, je ne pensais pas que j'étais "destinée" à me faire avoir par une jeune fille comme Eris. Il était vrai que l'apparence d'une gamine chétive était bien trouvée pour leurrer ses adversaires et que même une humaine pitoyable comme moi pouvait toujours avoir son utilité, s'il s'agissait de faire distraction. En fait, si j'avais envie de jouer les femmes méfiantes, j'aurais dû m'y prendre plus tôt. Le stress s'empara à nouveau de moi mais pas assez pour que j'ai le réflexe de sortir mes lames, cette fois-ci.

Et si tout cela n'avait été qu'un coup monté par un ennemi? Peut être que le fait que le second prince était en réunion était lui-même un mensonge? Qui ne disait pas que son corps gisait de l'autre côté de ce mur? ... Ça me donnais presque envie de regarder. De toute façon même si Eris était de mèche avec des rebelles depuis le début, elle ne me livrait aucune information. Et si elle n'avait rien à voir avec ce genre de manigances... Je me frappais brutalement les deux joues.

Non, non, la blonde m'avait déjà dit qu'elle rendait des petits services aux deux princes et vu l'état dans lequel elle s'était mis lorsque j'ai ouvert sa porte, elle devait être une piètre menteuse! Je devais me calmer et arrêter de penser à de telles absurdités... Je pouvais vraiment m'imaginer tout et n'importe quoi. Si un lourd silence comme ça suffisait à m'angoisser autant, c'est que je n'arrivais plus à me concentrer sur l'instant présent. Mais à chaque fois que j'avais l'audace de me relâcher, je revoyais toujours le visage de Cynron qui cessait de me traiter de tous les noms pour se retirer, déçu par ma naïveté naissante. Quelle faiblesse d'esprit... Si le point de vu d'une seule personne sur les relations qu'il fallait entretenir avec les autres m'empêchais d'avoir ma propre opinion, c'était que j'étais réellement influençable.

N'empêche, je restais curieuse en ce qui concerne cette demoiselle. Elle ne m'avait pas tout dit à son sujet non plus et s'il ne s'agissait pas là de notre première rencontre, j'aurais de bonnes raisons de douter d'elle. Cependant, je m'embrouillais pour rien à chercher à en savoir plus sur sa petite vie puisque j'étais encore une inconnue pour elle. Inconnues ou pas, nous avions quand même sympathisé... Du moins, c'est ce que je pensais. Elle n'avait vraiment pas une tête de criminelle, loin de là. Les bonnes impressions étaient si rares pour moi, alors quand j'en avais, je n'allais pas m'amuser à les remettre en cause.

Je fixais le mur, sceptique. Était-ce là un bon argument? Je me blâmais encore et toujours d'avoir songé que l'adolescente et moi avions finis par devenir complices en si peu de temps. Il était pratiquement impossible de rencontrer quelqu'un qui me comprenais dans ce monde... Mais si je commençais à me méfier parce qu'elle s'était contentée de m'offrir un sourire en guise de réponse quand je l'avais questionné sur Qishan, c'était un raisonnement contradictoire. Ça signifierait que je me méfiais de moi-même étant donné que je lui avais aussi donnée une réponse silencieuse quand elle m'avait demandée si je comptais rester.

C'était d'ailleurs pour cette raison que j'avais cru que nous nous comprenions parfaitement, toutes les deux. Lorsque je lui avais demandée si elle était originaire du même pays que moi, elle s'était contentée de me sourire. Je pouvais comprendre que l'explication qui se trouvait derrière était assez ambiguë mais cela ne m'empêchais pas de me vexer. Je rentrais à nouveau ma tête dans mes bras, la mine renfrognée. Pourquoi ne voulait-elle pas me dire si elle venait de Qishan? J'étais celle qui tournait autour du pot pour répondre à une question aussi banale, habituellement mais j'étais vraiment intriguée à ce sujet. Pour quelle raison cacherait-elle ce genre d'informations? Je me creusais un peu la tête: déjà, la possibilité qu'elle était une princesse fut rejetée. Je savais que Jamil n'avait pas de descendance... Légitime, en tout cas. Alors quoi? Est-ce que, malgré cela, il y avait eu un nouvel empereur en mon absence? Je n'allais pas m'offusquer de ne pas avoir été prévenue, ils faisaient ce qu'ils voulaient. Je n'avais plus rien qui me rattachais à ce pays. Ceci dit, je ne voyais pas ce qu'il y avait de mal à être née là-bas. Qishan n'était pas le genre de lieu à connaître des drames. Il n'y avait rien d'assez intéressant pour inciter les mauvaises langues à parler.

Enfin, je savais également que j'avais la poisse. Les donjons m'évitait et s'il y avait vraiment eu un événement dans mon pays d'origine, celui-ci avait attendu que je parte pour être célébré. Cela faisait une raison de plus pour que je me détende, non? Puisque tout redevenait calme à chacune de mes apparitions, Gyokuen Ren n'allait blesser personne. Ce serait trop facile si c'était le cas. Je n'avais rien d'un réceptacle miraculeux qui éloignait tous les malheurs. Bien au contraire.

Seulement, pour une idiote qui cherchait sans arrêt les ennuis, je les rencontrais rarement sur mon chemin. Et ces couloirs étaient si silencieux. Ah, j'avais parlé trop vite. Une patrouille de soldats passaient. Il devait y avoir de l'animation quelque part. Mais ici... Aaah, j'espérais que le prince Koumei se dépêcherais de revenir de sa réunion! Je n'en pouvais plus d'attendre !

J'en avais assez de rester collée à ce mur. Je me plaignais intérieurement d'une tâche aussi simple tout en réprimant un bâillement. La fatigue se jouait de moi, elle aussi. C'était sans doute à cause de cela que je m'étais trop emballée en voyant qu'Eris avait réagit de la même façon que moi. Je devais être encore en train de rêver. Je ne pouvais pas être devenue aussi crédule. Il semblerait que le second prince ait décidé de se faire attendre. Si les véritables origines de la fillette étaient trop longues à expliquer, nous avions encore du temps devant nous. Elle avait dû s'en rendre compte, elle aussi, lorsqu'une deuxième horde de soldats faisaient le tour des couloirs. C'était d'un pénible.
Encore une fois, s'il y avait de l'animation quelque part, ils pourraient nous en faire part. Ils ne voyaient pas que j'étais en manque de sensations fortes?

Je regardais la blonde avec insistance. Même si je l'incitais à m'en dire plus sur son passé, elle n'en fera rien. J'osais espérer qu'elle trouvera autre chose à me dire. Vu la crise de nerfs mentale que je venais de passer, il valait mieux que je ne me risque pas à prendre la parole. En plus, j'avais beau espérer que la jeune fille m'apprenne des choses sur elle, je pouvais moi aussi profiter du temps qu'il nous restait pour expliquer pourquoi il y avait peu de chances que je reste.

C'était vrai, ça. Pourquoi ce serait toujours à elle de s'expliquer? Elle ne me devait rien. C'était plutôt injuste de compter autant sur elle. Et bien entendu, je n'avais pas intérêt à ce qu'une autre personne le sache. J'étais déjà bien assez inconfortable à l'idée que ma destinée reposait entre les mains d'un prince.

Pour le coup, rien n'obligeait la demoiselle à reprendre la parole. Mon attitude n'inspirait pas plus confiance que la sienne. Et j'étais la première à avoir refusée de répondre à une question. Si c'était aussi gênant pour elle que pour moi de se confier, je ne dirais plus rien. Après tout, Qishan abritait aussi des esclaves. Sans même avoir connu de drame, sans même être populaire pour s'être retrouvée dans une affaire qui avait mal tournée, je finissais par accepter l'idée qu'elle ne veuille pas aborder le sujet.

« Tu connais bien Monsieur le deuxième prince ? Il… il a l’air gentil. »

Mes pupilles se dilatèrent.

« Je te demande pardon !? »

Elle parlait bien de Koumei, là? Probablement. Elle avait précisé qu'il s'agissait du deuxième prince. De toute façon, que ce soit lui ou l'un de ses frères, je n’affectais cette qualité à aucun des quatre.

Mon esprit critique ne devait pas m'aider à voir leurs aspects positifs. J'avais certes un point de vu de spectateur mais même en les observant avec la plus grande des attentions, je ne voyais pas en quoi ils pouvaient paraître gentils. Le troisième et le quatrième prince, eux, semblaient être des personnes normales, si on laissait de côté le fait que sous ses airs d'ange, le prince Kouha était une petite peste et que de nombreuses rumeurs circulaient sur Hakuryuu. Ce n'était pas non plus comme si je me préoccupais de ce que de simples mortels pouvaient s'imaginer. Mais le violine n'aidait pas à les rendre plus inoffensifs.

Il n'avait rien de gentil à mon goût, même d'apparence. Comment pouvait-on faire confiance à un type qui passait son temps à cacher ses expressions derrière son éventail? C'était mal placé de la part d'une fille qui était armée jusqu'aux ongles... Ça n'avait rien à voir ! C'était de la légitime défense. Et ce n'était pas en travaillant pour un individu pour lui que j'allais me décider à retirer les lames.

Dire que je m'étais imaginée que la pauvre Eris s'était faite brutalisée par cet homme. Il l'avait certainement manipulé en lui faisant croire qu'il était digne de confiance. Nous autoriser à rester ici... C'était de la fausse bonté. Fourbe comme il était, c'était tout à fait possible. D'un côté, la blonde ne semblait pas sûre de ce qu'elle avançait. Il y avait de l'hésitation...

Je finis par lui répondre sérieusement.

« Je ne le connais pas assez pour lui faire confiance aveuglement. Je ne pense pas que ce soit un homme foncièrement mauvais mais je ne m'attends pas d'un prince à ce qu'il soit gentil. Il y a des fois où je redoute ses actions mais comme je te l'ai dis, je ne le connais pas autant que je le voudrais et je ne peux pas le juger. »

J'étais peut être un peu trop dure avec Koumei. Il pouvait être vu comme quelqu'un de gentil car il m'avait débarrassé des colosses, m'avait mise en garde contre l'Impératrice et ne m'avait pas non plus séquestré pour que je rentre à son service. Malgré tout, j'avais peur que cette bonté cache autre chose. Il y avait aussi le terme qu'il avait utilisé pour me désigner qui me restait encore en travers de la gorge mais peut être n'était-ce là que de la maladresse de sa part? Il avait l'air aussi nul que moi en ce qui concerne les relations avec autrui. Je ne pardonnais pas son manque de respect pour autant.

« Et toi, que penses tu du prince, Eris? » Lui avais-je demandé, posant ma main sous ma joue, un sourire fatigué se dessinant sur mon visage.




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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Mar 23 Fév - 13:13

La réaction un peu excessive de la demoiselle ne manqua pas de surprendre l’ancienne voleuse. Quand elle l’entendit dire :

« Je te demande pardon !? »

Tandis que son visage se parait d’un air effaré au possible, Eris se demanda si elle n’avait pas gaffé quelque part. Peut-être dans le titre utilisé? Même si la saltimbanque avait l’habitude d’user du « Monsieur le deuxième Prince » quand elle s’adressait à Koumui, et que jamais ce dernier ne l’avait repris, si ça se trouvait, ce terme ne correspondait en rien à l’étiquette de la cour ? De toute façon, l’adolescente n’y comprenait rien à tous ses protocoles alambiqués et ses simagrées.

Quoi qu’il en soit, et si c’était le cas, cela semblait choquer son interlocutrice. Peut-être que Famita se trouvait être une fervente défenderesse du respect des bonnes manières ?  

A moins que ce ne soit tout autre chose ? Car Ayame ne lui avait pas non plus fait la remarque lors de leur voyage dans le désert. Pourtant, Eris se souvenait bien d’avoir appelé plusieurs fois messire Kouen, « Monsieur le premier Prince ». C’est donc que cela n’avait pas gêné la fanalis qui pourtant semblait fort à cheval sur les règles de politesse.

Mais quoi alors ? Famita semblait pourtant connaître le second prince de l’empire. Vu qu’elle semblait être allée la chercher à sa demande expresse. En bref, c’était à ne rien y comprendre et la fille des sables se sentait horriblement confuse. Elle allait s’excuser (sans savoir pourquoi) de sa bévue quand sa compagne la devança pour lui dire :
« Je ne le connais pas assez pour lui faire confiance aveuglement. Je ne pense pas que ce soit un homme foncièrement mauvais mais je ne m'attends pas d'un prince à ce qu'il soit gentil. Il y a des fois où je redoute ses actions mais comme je te l'ai dis, je ne le connais pas autant que je le voudrais et je ne peux pas le juger. Et toi, que penses tu du prince, Eris?»

La demoiselle poussa presque un soupir de soulagement.
Ah non ! Finalement, elle c’était faiS de fausse idée. Il n’y avait eu aucun mal.
Alors elle sourit à son interlocutrice qui paraissait tout d’un coup un peu fatiguée :

«  Monsieur le deuxième prince parait être un fin stratège. Il a une vision étonnement claire des choses et semble anticiper beaucoup d’événement à l’avance. »

La jeune fille hésita, ne sachant pas trop comment exprimé le fond de sa pensée. Puis une comparaison lui vint :
«  Sais-tu jouer au go, famita ? Quand j’étais petite, un vieux monsieur m’a appris les rudiments de ce jeu de stratégie. »

Eris sentit son cœur se serrait en songeant aux longues heures passées en compagnie de Scipion à bouger les petites pierres noires et blanches.

« et bien quand je parle avec son altesse, j’ai la sensation d’être en face d’un champion rodé à ce genre d’exercice. C’est très étrange. Mais, je dois t’avouer que de temps en temps, ça me fait un peu peur. D’ailleurs, il m’arrive parfois d’avoir l’impression de n’être qu’un petit morceau de caillou entre ses doigts qu’il va placer à tel endroit ou tel endroit de l’échiquier. Tu vois ce que je veux dire ? »

Comme d’habitude l’adolescente parlait en toute innocence et avec une sincérité déconcertante.
«  Mais à côté de ça, j’ai aussi l’intuition que cet homme est quelqu’un de compréhensif qui aime beaucoup son peuple. Il parait si attacher à son pays. »

La fille des sables se frotta la nuque un peu gênée.
«  En fait, je lui dois beaucoup. Si un jour j’arrive à mon but ça sera en grande partie grâce à lui et pour cela, je resterai éternellement reconnaissante. »

L’adolescente eut un petit rire :
«  C’est d’ailleurs une chose étrange car quand j’y repense… notre première rencontre était loin de présager un tel avenir. Ce fut même le contraire. On n’aurait pas pu avoir pire auspices. »

Eris eut un sourire amusé en songeant à l’incident du bain.
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Dim 13 Mar - 16:54

Prise au dépourvu par ma réaction, celle qui risquait de me tenir compagnie pour encore un petit bout de temps paraissait quelque peu embêtée. Je l'étais tout autant. Je fronçais les sourcils, les yeux écarquillés en relevant brusquement la tête, comme une personne qui venait tout juste de saisir le sens de ses propos, confuse.

Mon coeur battait à cent à l'heure. Je n'aurais jamais dû m'emballer de cette manière! C'était malin. Je risquais gros maintenant. Je m'étais déjà montrée plus impulsive que ça mais je venais de dire le fond de ma pensée à Eris, là ! Et dire ce qu'on pense d'un prince lorsque l'on se trouvait dans son palais n'était pas la meilleure chose à faire. J'avais oubliée ce qui me différait des autres serviteurs: ma langue (trop) bien pendue. J'avais en horreur les hommes comme le prince que je servais. Bon, je savais pertinemment que je n'étais pas la seule dans ce cas-là et que certaines personnes ne s'étaient rapprochées de leurs princes juste dans l'espoir d'être reconnus. C'était toujours mieux de dire à quelqu'un qu'on était membre de l'armée impériale que de n'être qu'un simple marchand de Kou.

Ce n'était pas bien de médire sur des soldats qui faisaient juste leur boulot sous prétexte qu'on était vexé qu'ils soient parvenus à vous arrêter. Mais je n'étais pas complètement dans le faux, non plus. Il suffisait de voir le nombre de personnes qui entraient dans l'armée uniquement pour rendre leurs parents fiers d'eux. En parlant de parents, d'autres ne devaient leur place que parce qu'ils venaient d'une longue lignée de fervents serviteurs de sa Majesté. Comment pourrais-je leur en vouloir?

Il n'y avait rien de plus idyllique que de servir un empire influent au point qu'il n'ait dominé des pays moins imposants comme Balbadd ou Qishan. Les plus forts écrasaient les plus faibles, ce n'était que justice. Et qu'importe dans cette noblesse qu'il existait des êtres qui conspiraient contre leurs supérieurs et qui aimaient juste voir leurs réputations monter en flèche en évoquant le nom de ceux qu'ils servaient. Je ne me basais pas que sur ma propre personne pour avoir un avis aussi négatif sur le personnel du palais. Si dans des petits pays comme Qishan, pour qu'un homme aussi insignifiant qu'important dans ce monde que Jamil prenne la grosse tête aussi facilement, je n'avais pas été étonnée en voyant des colosses écraser les mains des orphelins avant d'apprendre qu'il s'agissait des gardes du prince ou des vieux humilier les esclaves, puisque du moment qu'ils faisaient partie de la cour, tous les droits leurs était permis. D'autres n'avaient même pas l'air de savoir pourquoi ils étaient au service de la famille royale.

Ils disaient respecter et suivre l'"idéologie" de leurs supérieurs alors qu'ils n'en comprenaient que la moitié ou se contentaient de répondre que c'était leur raison d'être, leur destinée. Au fond, pourquoi je me plaignais? Même si ces êtres méprisables se faisaient nombreux, il ne fallait pas oublier la minorité que représentaient les vrais, les subordonnés qui étaient dévoués corps et âme à leurs princes -que c'était beau!- et dont la loyauté était sans égale. Le jour où une révolution éclaterait au palais, ils ne retourneraient pas leurs vestes pour suivre d'autres êtres influents qui leur promettait un avenir meilleur... Maintenant qu'ils avaient donné leur vie à leurs altesses, ils devraient assumer et admettre que ceux-là pouvaient en faire ce qu'ils voulaient... Qu'est ce que c'était que ces âneries?

Moi qui venais de dénigrer la dévotion de tous ces laquais, je finissais par reconnaître que l'honnêteté existait dans un monde comme celui-là. Une simple rencontre avec Ayame n'arriverait pas à me faire reconnaître de telles absurdités. Quand quelqu'un vous sauvait la vie, était-ce incroyable que vous cherchiez à rembourser votre dette de cette manière? Je commençais à avoir mal à la tête... Quelque part, ça me rassurait. Perdre mon temps avec Jasmine ne me réussissait pas. Dépendre d'une autre personne était la pire chose qui puisse arriver. Il ne fallait pas avoir de dette.

Encore une fois, qu'avais-je à être frustrée? Je ne valais pas mieux que tous ces êtres superficiels. Je n'avais aucune affection à l'égard de mon propre prince mais m'estimais heureuse d'être à son service pour assouvir ma curiosité dans ce vaste empire. Cette façon de penser était dégoûtante.

Espérons qu'Eris ne soit pas une adoratrice de ces princes qui s'emportait dés qu'elle entendait dire du mal d'eux. Je n'avais rien dis d'offensant, en même temps... Dire que j'avais peur de Koumei était une forme de respect... Heu... Au moins, ça ne sonnait pas comme une menace ou un sous-entendu qui promettait que je me retournerais contre lui. Bien au contraire, je me sentais plus confiante en ayant ce genre de personne de mon côté que contre moi. Il n'avait pas encore eu recours à la violence pour me forcer à faire quoi que ce soit, le temps n'était pas encore à la rébellion.

Quoi qu'il en soit, si je continuais à penser à ce genre de choses, j'allais vraiment finir par me montrer insolente avec les mauvaises personnes. Qu'allais-je faire si Eris ne tolérait pas qu'on manque de respect à ses supérieurs et qu'elle était en réalité plus proche d'eux que je ne le pensais... Je perdrais ma tête plus tôt que prévu si elle répète toute notre conversation au prince.

J'avais le présentement que mes craintes étaient infondées, encore une fois, quand la blonde finit par me sourire, paraissant soulagée. C'est vrai que j'aurais pu aussi choisir de ne pas lui répondre. C'était elle qui avait lancée la conversation et qui nous incitait à parler dans le dos de nos princes. J'aurais pu aussi bien considéré que cette question était déplacée.

J'avais aussi fait l'erreur de poursuivre cette discussion en lui demandant son avis mais il m'intéressait:

«  Monsieur le deuxième prince parait être un fin stratège. Il a une vision étonnement claire des choses et semble anticiper beaucoup d’événement à l’avance. »

Je hochais lentement la tête, en accord avec elle.  C'était justement pour cette raison que je me méfiais de lui et que j'évitais de le sous-estimer. Qu'aurais-je pu ajouter de plus? Je ne l'avais pas vu beaucoup faire mais il suffisait de voir à quoi ressemblait l'Empire Kou aujourd'hui pour se douter de ses capacités. Le prince Kouen avait beau être fort, il ne serait pas venu à un tel résultat seul. Mais Eris en savait bien plus que moi sur ce sujet. Vu mon état, je ne pourrais qu'émettre des théories qui n'apporteraient aucun intérêt au débat.

«  Sais-tu jouer au go, famita ? Quand j’étais petite, un vieux monsieur m’a appris les rudiments de ce jeu de stratégie. »

Je sortais de ma torpeur pour regarder à nouveau la jeune fille en acquiesçant faiblement. J'avais eu peu d'occasions de jouer au go dans mon enfance mais je savais en quoi cela consistait. Les règles étaient plutôt simples. Est-ce que j'étais bonne à ce jeu? ... Naturellement. Ce n'était pas parce que j'étais une mauvaise joueuse que je grimaçais en me remémorant les parties! Je savais parfaitement jouer au go! J'avais beau penser que ce genre de divertissement n'était rien de plus qu'une perte de temps, je m'y connaissais un minimum... Elle n'était pas obligée de me rendre encore plus ignare que je ne l'étais en supposant que je ne pouvais pas saisir un fonctionnement aussi basique que celui-ci.

Bon, pour être honnête, je n'exagérais pas quand je disais que je n'avais pas eu beaucoup l'occasion d'y jouer. Ce n'était pas l'envie qui me manquait mais des partenaires. Mes parents adoptifs m'avaient d'abord expliqué comment y jouer et m'ont même proposé de faire une partie avec eux. A cette époque, je venais tout juste d'être vendue donc comprenez que je n'étais pas encore très à l'aise à l'idée de me retrouver seule avec ces deux-là. J'avais conscience qu'ils se comportaient comme des gens qui venaient d'acheter un animal et qui cherchaient à l'apprivoiser en le laissant progressivement se familiariser avec son nouvel environnement, dans l'espoir qu'il s'attache à eux. Conclusion: plus ils faisaient d'efforts pour se montrer compréhensifs avec des phrases comme "prends ton temps", moins je me sentais bien.

Quelques années plus tard, le malaise s'était quelque peu atténué mais c'était à partir de ce moment-là que les affaires de mes tuteurs ont le mieux marché. Ils étaient trop occupés pour perdre contre moi. C'était donc en redoutant sa réaction que je me suis tournée vers Cynron. Bien sûr, je ne me faisais pas trop d'illusions, il avait refusé. D'accord, je ne lui avais rien demandé. Je voulais bien admettre que je n'avais pas été très courageuse sur le coup, je ne l'étais jamais quand il s'agissait de mon ancien professeur. Il fallait me comprendre. Je commençais à le connaître. J'avais déjà eu beaucoup du mal à le convaincre de m'enseigner les bases du combat. Combien de fois m'avait-il claqué la porte au nez avant d'accepter... Je n'osais même pas lui demander de prendre encore de son temps pour s'amuser à déplacer des cailloux. Pas que j'avais peur de m'imposer mais c'était peine perdue . Monsieur était tellement imbu de lui-même qu'il partirait bouder à chaque fois qu'il se rendrait compte que j'étais capable de le battre.

Des amis? Je ne voyais pas l'intérêt d'en avoir. Les autres enfants étaient trop bruyants et stupides à mon goût. Maintenant que j'y pensais, j'aurais dû essayé... Non, décidément, je n'imaginais pas le type qui confondait entraînements avec défonçages de crânes de fillettes jouer au go avec elles.
Hum? M'étais-je faite des idées ou le regard d'Eris venait de se faire plus attristé? Enfin, tout ce baratin pour dire que je savais parfaitement jouer au go. La demoiselle venait au bout de son idée:

« et bien quand je parle avec son altesse, j’ai la sensation d’être en face d’un champion rodé à ce genre d’exercice. C’est très étrange. Mais, je dois t’avouer que de temps en temps, ça me fait un peu peur. D’ailleurs, il m’arrive parfois d’avoir l’impression de n’être qu’un petit morceau de caillou entre ses doigts qu’il va placer à tel endroit ou tel endroit de l’échiquier. Tu vois ce que je veux dire ? »

... Ah, oui! J'avais presque oubliée de qui on parlait. Même quand je me disais que je devais arrêter de partir aussi loin dans mes souvenirs pour trier tout ce que je connaissais sur un sujet aussi futile qu'un jeu de plateau, je ne parvenais pas à rester concentrée sur la situation. C'était mauvais. Je ne devais plus me laisser partir à la dérive comme ça. C'était une chance que je ne me sois pas faite manipulée jusqu'à maintenant. Je ne pouvais pas laisser cela arrivait. Heureusement pour moi, jusqu'à là, j'arrivais sans mal à me réveiller.

Toute information sur le prince Koumei était bonne à prendre. Je tremblais en sentant l'excitation monter en moi à ce progrès. Comme le soulignait le dicton, le savoir c'est le pouvoir. Le fait qu'Eris me donnait juste un avis franc sur le second prince n'allait certainement pas m'avancer mais il suffisait à me rassurer en me prouvant que je n'étais pas la seule à perdre mes moyens face au violine.

Est-ce qu'à ses yeux comparer cet homme à un champion aux jeux qui demandaient parfois une bonne stratégie revenait à le définir comme un être calculateur? A l'entendre, c'était comme si ce type avait un contrôle total sur son existence. C'était plutôt malsain. Mais cette manière de penser se rapprochait de la mienne. Cette prise de conscience me fit ravaler ma salive. Non, je ne devais pas laisser la peur m'envahir. Je n'avais aucune raison de craindre quoi que ce soit. Je n'étais pas comme la blonde.

On se ressemblait sur bien des aspects mais pas sur celui-là. Je n'étais pas décidée à me laisser faire et même si j'avais l'impression d'être déstabilisée face à ce prince, il n'en tenait qu'à moi de maintenir le contrôle sur mes émotions et de ne pas oublier mes priorités. Je déclarais avec suffisance:

« En effet. C'est justement ce que j'essaie de te dire mais je te remercie d'avoir sortie cette comparaison pour simplifier mon raisonnement. Je ne devrais sûrement pas tenir ce genre de propos à l'égard du prince que je sers mais il devient difficile d'accorder sa confiance à quelqu'un quand il vous donne l'impression d'avoir toutes les cartes en main... En tout cas, j'espère qu'il ne t'a pas... »

C'était à ce moment-là que je décidais de m'interrompre. Qu'il ne lui a pas quoi, au juste? Merde, je ne savais plus ce que je disais... Je sentais le sang se retirer de mon visage. Encore une conséquence de mon manque de sommeil...

D'un côté, mes craintes s'avéraient peut être exactes. Dés que j'avais vu son visage ruisselant de larmes, j'avais tout de suite pensé que Koumei maintenait une certaine pression sur elle et maintenant qu'Eris venait de me donner son point de vu, je  trouvait ça assez alarmant. Pourtant... Si ça avait été le cas, elle n'en aurait pas parlé ouvertement à une inconnue qui donnait peu d'informations sur elle-même.

C'était malin... Elle devait me prendre pour une pauvre fille mélodramatique. Mais ne m'avait-elle pas dit que le prince était gentil?

«  Mais à côté de ça, j’ai aussi l’intuition que cet homme est quelqu’un de compréhensif qui aime beaucoup son peuple. Il parait si attacher à son pays. »

" Encore heureux ! " Avais-je eu envie de lui répondre mais je me ravisais. Le plus surprenant c'était qu'Eris avait vraiment l'air de croire à ce qu'elle disait. Je ne savais pas si je devais ressentir de la pitié pour cette naïveté touchante et commençais à remettre en cause ma manière de voir le prince. Lorsqu'il avait fait preuve d'un sang-froid déstabilisant lorsque j'avais voulu le frapper, je pensais qu'il prenait juste sur lui tant qu'il n'avait pas encore découvert comment il pouvait m'utiliser. Et cet accord... Je ne devais y voir aucune ruse, non plus? Compréhensif, humph... Je me demandais bien en quoi. Attaché à son pays? A vrai dire, je ne le voyait pas s'attacher à quoi que ce soit. En même temps, il n'était pas du genre à montrer ses sentiments.

J'allais repartir dans une de mes profondes réflexions passionnantes quand Eris retrouva de l'intérêt à mes yeux:

«  En fait, je lui dois beaucoup. Si un jour j’arrive à mon but ça sera en grande partie grâce à lui et pour cela, je resterai éternellement reconnaissante. »

J'arquais légèrement un sourcil en essayant d'avoir l'air la moins intriguée possible en vain. Je pariais que mes yeux commençaient à briller. J'avais rapidement tournée ma tête en direction de la fillette. Vu comment je la regardais, je devais avoir l'air d'une prédatrice sur le point de se jeter sur sa proie... Ou d'une folle qui allait la harceler jusqu'à ce je parvienne à lui tirer les vers du nez. L'excitation que je ressentais auparavant venait de monter d'un cran. J'en avais le cœur qui battait la chamade comme si elle détenait un secret d'Etat. La possibilité qu'elle ne détienne aucune information de la plus haute importance et que ce fourbe se soit juste joué d'elle ne vint même pas gâcher mon enthousiasme.

N'était-ce pas mon objectif au départ? Savoir quelle relation avaient  Koumei et Eris? J'étais sûrement sur le point de l'apprendre... Est-ce que ça impliquerait de savoir quel rôle jouaient ces mystérieuses tablettes? Ah! Quel était le but de la demoiselle? Qu'est ce que le second prince avait bien pu lui promettre? Elle ne m'avait pas dit grand chose sur leur lien et ça me donnait envie d'en savoir plus...
Pour commencer, je devais me débarrasser de ce grand sourire béat qui me donnait l'air d'une ivrogne. J'avais peur d'être déçue en surestimant l'importance de la chose.

«  C’est d’ailleurs une chose étrange car quand j’y repense… notre première rencontre était loin de présager un tel avenir. Ce fut même le contraire. On n’aurait pas pu avoir pire auspices. »

J'observais la demoiselle en plissant les yeux, frustrée. Mais... Je m'en fichais ta première rencontre avec le prince, ma petite Eris! Ce qui m'importait le plus c'était le lien qui la rattachait à Koumei dans le présent ! Enfin... J'attendrais un peu avant d'en savoir plus. Voir quel genre de personne était la jeune fille me suffirait pour aujourd'hui. Il ne dépendant que de moi de pas me faire repérer par Kouen pour éviter toute confrontation, n'est-ce pas? Si je m'empressais et que je lui demandais comme ça, sans pression, quel était son but, je risquais de dépasser les limites de la courtoisie...

Eris n'avait-elle aucune raison de me mentir ? Malgré la sincérité avec laquelle elle s'adressait à moi, il y avait toujours un risque pour qu'elle ait commencé à évoquer ce sujet sans réfléchir et en fonction de ce que son but pouvait être, elle préférerait peut être garder le secret là-dessus pour qu'il se réalise. Il fallait mieux que j'attende qu'elle ait plus confiance en moi avant de la presser des questions.

En revanche, je ne pouvais pas m'empêcher de lui en poser une après avoir réalisé ce qu'elle venait de dire. Je me penchais en avant en lui lançant un regard inquisiteur:

«  Pourquoi est-ce que tu dis ça? En quoi ta rencontre avec le prince s'est-elle mal passée ? »

Je me demandais bien ce qui pouvait la faire rire ainsi. Qu'est ce qu'il lui faisait dire que sa rencontre avec Koumei avait-elle moins bien commencée que la mienne? Serait-il possible qu'elle était déjà à deux doigts de se faire exécutée la première fois qu'ils se sont vus? Elle n'aurait pas trouvée cela amusant si c'était le cas... Alors quoi?



HS: Désolée... -vraiment lente à répondre- Hum... J'ai l'impression que certains de mes passages ne veulent rien dire... *à moins qu'ils ne soient juste terriblement assommants comme d'habitude xD* si tout ne te semble pas claire, dis moi où je dois modifier !



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Dernière édition par Famita Karan le Lun 4 Avr - 10:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Ven 25 Mar - 15:25

« Pourquoi est-ce que tu dis ça? En quoi ta rencontre avec le prince s'est-elle mal passée ? »

A cette question Eris éclata d’un rire clair qui résonna étrangement dans ses couloirs guindés et décorés d’un luxe ostentatoires.

« Si ça c’est mal passé ? On peut dire que oui… le jour où j’ai croisé Monsieur le deuxième prince n’est pas loin d’être dans mon top cinq des pires jours de mon existence. Et pourtant je peux t’assurer que je n’ai pas eu une destinée facile… loin de là… »

Le sourire joyeux de la fille du désert se terni quelques instants en songeant aux blessures de son passé. Tant de personnes perdues , tant d'épreuves pour en arriver jusque là. Et l'avenir , bien que semblant radieux, lui donnait encore bien des inquiétudes. y arriverait elle? Serait elle à la hauteur de ses ambitions?  Inconsciemment la main de la jeune fille se sera. Ses yeux émeraude se voilèrent d’une triste mélancolie. Mais très vite, la demoiselle des sables reprit le dessus. Depuis ce jour si particulier où elle avait pris la résolution d'avancer sans se retourner, Eris ne se permettait plus ses vagues à l'âme. Elle avait quitter ses mauvaises habitudes de couarde pour faire fasse. L'ancienne voleuse avait décidé de devenir forte. Aussi solide que le bouclier de son Djinn. Elle le devait... pour Alibaba et bientôt pour Quishan.  

Alors comme si sa tristesse, n'était rien, elle ajouta d’un ton joyeux :

« Tu veux que te narre cette épopée ? Cela nous fera passer le temps. Et en échange, tu me narreras ta rencontre avec lui ? »

Oui, ça serait amusant. Et puis , la saltimbanque adorait raconter des histoires. D'ailleurs on la trouvait plutôt bonne compteuse. Et son arrivée dans la vie du deuxième prince de l'empire de Kou était si abracadabrante qu'elle n'allait même pas avoir besoin de l'enjoliver pour la rendre rocambolesque.
Par contre , la demoiselle se demanda un instant si elle devait cacher des choses à Famita. Aussi sympathique que cette jeune femme soit , on était jamais à l’abri que des histoires mal interprétée ou à dessein deviennent des armes contre celui qui la raconte. Bah... pour une fois , Eris avait envie de faire confiance à quelqu'un...
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SUBORDONNÉ DE KOUMEI

۞ 1ère apparition : 17/07/2013

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۞ Localisation : Bloquée dans l'empire Kou avec un Koumei psychopate!

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Famita Karan
SUBORDONNÉ DE KOUMEI

MessageSujet: Re: Mon prince semble avoir une attirance pour les gamines [PV Eris ]   Mer 6 Avr - 19:24

En guise de réponse, la jeune fille éclata de rire comme si cela tombait sous le sens. Je la fusillais du regard, un peu vexée. Et bien si je m'interrogeais c'est que ce n'était pas évident! Etant donné la situation dans laquelle je me trouvais la première fois que j'ai rencontré le prince Koumei, je voyais difficilement comment la sienne pouvait être pire. Mais j'étais ouverte à toutes les versions que les autres avaient de la plus mauvaise rencontre de tous les temps et c'était en partie pour cette raison que j'invitais Eris à me raconter la sienne. Sans compter sur le fait qu'en me retrouvant dans la même pièce que le prince, j'avais préféré sauter par une fenêtre et me casser une cheville pour me faire capturer une deuxième fois plutôt que de respirer le même air que lui. -Je n'ai pas un sale caractère! Cet homme est stressant!- De toutes les questions que j'aurais pu posé qui me ferait passer pour quelqu'un d'indiscret, j'avais choisis celle où elle se paierait ma tête. Je mourais d'envie de m'applaudir pour cette poisse.

C'était plus fort que moi. A chaque fois que je me demandais pourquoi je dramatisais autant et que je tentais de me calmer, je recommençais à revoir tout en noir. Je détestais réagir comme ça. C'était soit ça soit je craignais être trop optimiste. Il devait bien exister un juste milieu.

En plus, la demoiselle avait déjà l'air amusée avant que je ne la questionne. La problème ne venait donc pas de moi. Pourtant, j'étais presque sûre que son rire s'était intensifiée... Non, je devais arrêter de penser d'une manière aussi stupide. Ce n'était même plus de la prudence. C'était cette paranoïa qui faisait de moi l'une des personnes les plus insupportables du monde. Bon ce n'était pas juste à cause de ça mais j'avais déjà fait le tour du sujet. Je n'allais pas me remettre à déprimer sur le fait que j'étais malheureuse, une nulle dont personne n'avait besoin, qui contrairement à d'autres incapables qui s'assumaient, perturbait les autres avec sa grande bouche... D'abord, ça n'allait pas arranger la piètre opinion que j'avais de moi-même mais le répéter ne servait à rien. Le pauvre être fragile que j'étais n'allait pas remuer le couteau dans la plaie pour se donner de l'importance. Être une moins que rien ne me rendait pas amnésique. J'avais pleinement conscience de ce que j'étais.

De toute manière, personne n'avait besoin de connaître mes pensées. Les autres n'étaient pas obligés de savoir que j'étais une empotée. N'était-ce pas d'ailleurs toujours ce que j'avais fait? Soigner les apparences. Renforcer cette impression de froideur et d'auto-satisfaction autour de moi. Que les gens se trompent à mon sujet ne me dérangeait pas. Il valait mieux ça que l'inverse. Je devais les convaincre qu'il y avait d'autres raisons pour laquelle il ne fallait pas s'approcher de moi que ma propre faiblesse. Si je continuais de me blâmer, même mentalement, les autres finiraient par le sentir. Je ne pouvais pas laisser cela arriver et devais garder la tête haute.

Voilà pourquoi je ne détournais ni baissais le regard quand la blondinette avait finis par rire. Je n'avais aucune raison de me sentir complexée par cette gamine et je n'allais pas me laisser déstabiliser pour si peu. Étais-je obligée d'être aussi désagréable? Tant que cette fausse assurance l'empêchait de voir l'être pathétique que j'étais, je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. Agir comme d'habitude était sans doute la meilleure solution.

Au fond de moi, une petite voix était en train de se remettre en cause: "la manière dont ma question était posée avait peut être été trop stupide? Ou le ton de ma voix s'était fait plus aigu, sans que je ne m'en rende compte, ce qui me donnait un air niais?" Chasse le naturel, il revient au galop.

« Si ça c’est mal passé ? On peut dire que oui… le jour où j’ai croisé Monsieur le deuxième prince n’est pas loin d’être dans mon top cinq des pires jours de mon existence. Et pourtant je peux t’assurer que je n’ai pas eu une destinée facile… loin de là… »

Je n'avais jamais cessée de la regarder dans les yeux mais elle devait avoir remarqué mon anxiété vu la façon que j'avais de serrer mes poings, geste que je m'arrêta immédiatement de faire. Non, elle n'avait probablement rien vu. Depuis le début de cette conversation, Eris se comportait comme quelqu'un de très naïf et j'avais la certitude que c'était le cas avec ce qu'elle venait de me dire. Pour une fille avec laquelle j'évitais de paraître trop curieuse pour ne pas éveiller les soupçons, elle exprimait son opinion -en me donnant des indices sur son passé par la même occasion- avec une insouciance déconcertante. Je ne considérais plus cela comme un piège de la part d'une personne qui ne faisait peut être que porter un masque.

Depuis le début, Eris avait toujours été sincère avec moi. C'était moi qui ne me sentais pas prête à en faire de même. Et c'était sûrement ce qui me bloquait.

Ça faisait la deuxième fois qu'elle me parlait de destin. Cette fois, elle l'avait évoqué comme ça mais pour une raison que j'ignorais, j'avais un problème avec ce mot. Cela n'avait rien avoir avec le fait que le mien était contre moi. Encore une fois, je n'y croyais pas ou je refusais de reconnaître que notre existence reposait sur autre chose que sur notre propre volonté. Je n'avais pas pu m'empêcher de prendre une moue sceptique quand Eris utilisait ce terme. Elle l'avait fait inconsciemment donc il n'y avait pas à tergiverser là-dessus. A croire que je n'avais que ça à faire, de chercher la petite bête et de délibérer mentalement au lieu de partager mon avis avec la personne qui se trouvait en face de moi. Pas étonnant que je me sente si seule.

Oui, je n'avais que ça à faire. Je me demandais si la jeune fille essayait de me faire passer un message avec ça et si elle y croyait dur comme fer. Qu'une simple d'esprit comme elle y croit ne devrait pas me surprendre. Mais je ne connaissais qu'une seule personne qui avait un total contrôle sur moi même si je me débattais et il n'avait rien d'une entité divine.

Peu importe. Eris pensait ce qu'elle voulait et ce n'était pas moi qui lui dicterait sa conduite. Pourtant, elle semblait me faire confiance. C'était rapide mais d'un côté je ne savais pas combien de temps on languissait dans ce couloir. Bientôt une heure, peut-être? Je présumais qu'il fallait plus que ça pour régler des affaires d'Etat.

« Est-ce que ça va ? »

Je... C'était bien moi qui venais de poser cette question? J'avais eu comme l'impression que le sourire de la demoiselle n'était plus naturel. Oui, son regard s'était fait, une nouvelle fois, plus affecté. Cette fois, ce n'était pas uniquement à cause de ma présence. Pas avec une telle expression. Etant donné ses dernières paroles, j'imaginais qu'elle devait repenser à son passé. Ma question était idiote et je ne m'attendais pas à ce qu'elle réponde. Cette fois, c'était sa main qui se serrait et je me doutais que sa "destinée" qui n'était pas des plus faciles comme elle venait de le dire, lui ramenait de douloureux souvenirs. Puisque je le faisais souvent, je savais combien se morfondre devant une personne silencieuse et se remémorer des choses tristes ne procurait pas un sentiment bien agréable.

J'espérais lui éviter cette peine en lui parlant pour la sortir de ses pensées. Pourquoi j'agissais comme ça? Qu'est ce que j'attendais? Le fait que je lui ai posée cette question avant même d'avoir eu envie de le faire m'éberluait. Je ne contrôlais plus ce que je disais ou quoi? Reprends toi, Famita, respire... Ca avait été comme un réflexe... J'avais peur. Je devenais trop sentimentale et je n'aimais pas ça. D'accord, je l'avais toujours été. Je faisais juste semblant de ne pas l'être. Ou était passé ce masque de froideur qui me protégeait des autres? S'il m'échappait des mains, je n'avais plus rien.

Un peu plus et on pourrait croire que je me préoccupais de cette fille. Mon caractère me posait déjà assez de problèmes, je n'allais pas en plus en rajouter avec les sentiments des êtres humains. J'étais très bien sans eux.

« Tu veux que te narre cette épopée ? Cela nous fera passer le temps. Et en échange, tu me narreras ta rencontre avec lui ? »

J'eu un mouvement de recul. Sa tristesse semblait être passée. Je supposais que ça devrait me soulager mais au lieu de ça, je penchais un peu ma tête sur le côté pour essayer de repérer un des hommes du prince ou un autre type de personne du même rang, embêtée, à la recherche d'une bouée de sauvetage. Personne. Je poussais un petit soupir et esquissa un faible sourire à l'adresse de la blonde.

Si elle savait combien je redoutais cette question. Quoi que je fus plus détendue que je ne le pensais. J'allais devoir des explications. Je pouvais toujours m'en sortir en prétendant que nous n'aurions pas le temps de tout raconter mais le prince n'était pas prêt de revenir. Lorsqu'elle s'apercevrait de ça, Eris allait remettre la confiance qu'elle avait en moi en cause. Je devrais déjà lui être reconnaissante de ne pas me voir comme quelqu'un de louche. On aura tout vu. Maintenant que j'étais sûre de pouvoir me fier à elle, c'était de moi dont il fallait se méfier.

J'avais encore beaucoup de choses à apprendre sur les relations sociales, décidément.

Rien ne m'empêchait de trouver un autre moyen d'éviter le sujet mais si je le faisais, je ne pourrais pas savoir comment Eris et le prince s'étaient rencontrés et ce serait dommage de manquer une telle occasion d'en savoir plus sur leur lien. Ma curiosité me mettait dans des situations embarrassantes. Qu'allais-je faire?

Elle m'avait appris plein de choses sur elle depuis le début. Je ne savais pas si on pouvait dire que j'en avais fait autant de mon côté. Ce serait plus équitable que je lui raconte tout, moi aussi. Pas que j'aurais mauvaise conscience si je ne lui disais pas toute la vérité mais je ne pensais pas que c'était vraiment nécessaire de lui raconter des bobards. C'était déjà tout réfléchis, non? Je n'avais rien à craindre d'elle.

Elle venait elle-même d'avouer que sa rencontre avec le prince s'était mal passée et rentrait même dans son top cinq. Quelque part, c'était de l'insolence... Je n'avais fait aucun commentaire là-dessus car je me disais qu'il y avait une chance pour que sa rencontre se soit moins bien passée que la mienne. Peut être avait-elle été une hors-la-loi comme moi? Elle n'aurait aucune raison de me dénoncer au prince Kouen si tel était le cas.

C'était tellement possible que je cessais de m'en faire. Qu'est ce qu'il me dérangeait vraiment dans l'idée de tout lui dire? Le passage où je m'étais fait capturée par les gardes parce que j'étais une intruse ou le moment humiliant où on m'avait traité de chose? Il n'était pas indispensable que je rentre dans les détails. J'avais tord de m'en faire.

Je plaçais mon menton dans ma paume et répondais sur un ton espiègle:

« Pourquoi pas? Mais je te préviens, ma rencontre avec lui n'est peut être pas si intéressante que ça, surtout comparée à la vôtre qui promet d'être amusante... »

Mon sourire s'élargissait. Puis qui sait? En racontant cette mésaventure, qui pourrait bien me faire rire, elle en dirait peut être plus que je n'avais besoin de savoir comme elle n'arrêtait pas de le faire. En revanche, si j'avais tout faux et que sa rencontre avec lui n'était pas si drôle que ça et si Eris était une personne, qui comme moi, exagérait toujours en dramatisant tout et n'importe quoi, je n'allais peut être pas paraître si innocente que ça à côté.

Il ne me resterait plus qu'à lui mentir. Et j'aimerais bien éviter de le faire...



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